Les Bourses mondiales font face à un nouveau coup de froid sur les semi-conducteurs

Nouvelle secousse autour des semi-conducteurs : les Bourses mondiales font face à une nouvelle vente des valeurs liées à l’intelligence dans un contexte de défiance autour des valorisations colossales du secteur. À Wall Street, vers 16h15 GMT, l’indice Nasdaq - à forte coloration technologique - perdait 1,20%, l’indice élargi S&P 500 reculait de 0,54% et le Dow Jones cédait 0,39%. Au premier jour de l’intégration de SpaceX à l’indice Nasdaq 100, le titre perdait 5,50%.
La société d’Elon Musk (fusées, satellites) avait fait une entrée tonitruante en Bourse le 12 juin. Le Nasdaq a changé ses règles en mai pour permettre à de très grosses capitalisations comme la société d’Elon Musk, susceptibles de peser fort sur l’indice, de l’intégrer en 15 séances au lieu de trois mois. Au tableau des valeurs, Intel chutait de 10,54%, AMD de 7,23% et Micron lâchait 6,91%.
Marvell Technology dégringolait de 8,73%, NXP de 4,02% et Broadcom cédait 1,84%. Nvidia résiste mieux, cédant 0,77%. La vente massive dans le secteur des composants électroniques avait débuté au cours de la séance asiatique avec un fort décrochage de la Bourse de Séoul (-4,91%), plombée par Samsung Electronics (-6,92%), dont les résultats trimestriels préliminaires ont entraîné des prises de bénéfices massives.
Cela survient après les violentes montagnes russes de la semaine dernière et sur fond d’inquiétudes persistantes au sujet des valorisations liées au boom de l’IA. «Le titre était déjà valorisé sur la base d’une croissance extrêmement forte des bénéfices à l’avenir, et le marché craint désormais que les investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle ne puissent pas soutenir indéfiniment la hausse des prix des puces mémoire», explique Neil Wilson, analyste de Saxo UK. «Les attentes officieuses étaient probablement encore plus élevées, et une grande partie des bonnes nouvelles était déjà intégrée dans le cours de l’action», poursuit-il.
En Europe, les places ont terminé principalement dans le rouge : Paris a cédé 0,51%, la Bourse de Francfort a perdu 1,37% et Milan 0,95%. Les fabricants de semi-conducteurs ont chuté, avec ASML dévissant de 7,28% à Amsterdam, Infineon perdant 8,26% à Francfort et STMicroelectronics terminant sur une forte baisse de 7,99% à Paris. Le FTSE 100 de Londres, «qui ne compte pas de grands fabricants de semi-conducteurs, résiste à cette morosité du secteur technologique», note M.
Wilson, terminant en petite hausse de 0,13%. Remontée des prix du pétrole Les valeurs pétrolières se sont distinguées en Europe, résistant à la morosité avec la hausse des cours du brut. À Londres, Shell s’est octroyé 3,38% et BP a gagné 1,44%.
À Paris, TotalEnergies a terminé en hausse de 0,94%. «Le pétrole revient au centre de l’attention après de nouvelles attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz», commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche de XTB. Vers 14h GMT, le baril de Brent, référence mondiale du brut, s’échangeait à 74,15 dollars (+3,00%), et le baril de WTI américain à 70,52 dollars (+2,87%).
Après avoir annoncé qu’un premier tanker avait été touché lundi par un projectile non identifié, l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a signalé deux autres incidents mardi : l’un visant un pétrolier atteint dans des conditions similaires, et l’autre contre un navire-citerne frappé par un drone d’origine inconnue. «Avant ces attaques, le trafic quotidien dans le détroit était remonté entre 30 et 60 navires par jour, ce qui avait contribué au recul des prix du pétrole ces dernières semaines», explique Kathleen Brooks. «Les cours rebondissent légèrement, mais restent contenus par la perspective d’une offre plus abondante», observent les analystes d’Aurel BGC.
«Les marchés surveillent désormais davantage la demande, notamment chinoise, jugée faible».