TEMOIGNAGES. "On est obligés de faire des choix" : confrontés à la hausse des prix du gaz, des habitants contraints de limiter leur chauffage
La hausse des factures énergétiques accentue les difficultés de nombreux foyers. Des habitants d'Asnières-sur-Seine, en région parisienne, racontent comment cette nouvelle augmentation pèse sur leur quotidien.
En ce dimanche 1er novembre, le prix du gaz augmente encore. Parmi les dix millions de ménages chauffés au gaz, ceux qui n'ont pas souscrit à une offre fixe vont découvrir une hausse moyenne de 12 euros par mois sur leur facture. De quoi compliquer le quotidien de nombreux foyers.
C'est le cas de Jean-Claude, qui sort de sa résidence raccordée au gaz, ses deux petites-filles sur les talons, chacune sur son vélo sans pédale. Chez Jean-Claude, en ce moment, il fait bon. "J'ai mis le chauffage pour les petites, explique-t-il, d'habitude on le met qu'en novembre, mais là, comme les petites sont là…" Pourtant, ce retraité de la restauration fait attention à sa consommation : "Quand on n'est que tous les deux [avec sa femme], on ralentit un peu.
Et la journée, on coupe. On est obligés. " Il garde toujours un œil sur la facture.
La nouvelle hausse de ce mois de novembre n'arrange rien à ses dépenses énergétiques : "Ça fait 2 000 et quelques euros par an", détaille-t-il. À lire aussi Le gaz européen atteint les 100 euros le mégawattheure, une première depuis 2022 "150 euros par mois pour le gaz"À une rue de là, boulevard Voltaire, au cœur d'un quartier populaire d'Asnières, Ezzedine, qui travaille dans l'immobilier, s'inquiète lui aussi de ces dépenses supplémentaires à la maison : "Ça touche beaucoup, parce que je suis un père de famille, j'ai quatre enfants. Je paye 150 euros par mois pour le gaz et 80 euros pour l'électricité.
La vie commence à devenir chère", explique-t-il. Et Annick approuve. Retraitée, elle aussi fait attention à ses dépenses : "Pour le moment, je ne me chauffe pas, il fait 17 degrés chez moi.
" Elle attend novembre, voire décembre, pour repousser le moment de commencer à se chauffer. Car la septuagénaire compte ses sous : "Cela fait longtemps que je ne suis pas partie en vacances. On est obligés de faire des choix", souligne-t-elle.
Elle qui a travaillé jusqu'à 66 ans comme libraire puis éditrice est restée locataire dans un vieil immeuble mal isolé, datant de 1901 : "On est en train de nous punir parce qu'on se chauffe au gaz. Moi, je veux bien me chauffer à l'électricité, mais ma proprio ne veut pas. " À la question de savoir si elle met davantage de pulls, elle répond : "Oui, c'est ça, et puis j'ai acheté un tout petit radiateur électrique, que je mets dans une pièce.
" Annick sourit, mais elle est en colère contre les politiques et ceux qu'elle appelle les "gens d'en haut", qui n'ont pas à faire autant d'efforts.
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- Franceinfo1 nov., 08:06
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