La France "au début d'une récession"? La contraction de l'économie au troisième trimestre fragilise les objectifs de croissance et de déficit du gouvernement pour 2026
Plongée dans la morosité, l'économie française s'est contractée de 0,1% au troisième trimestre. Une mauvaise nouvelle de plus qui remet en cause les prévisions de croissance et de déficit public pour l'année 2026.
Nouveau coup dur pour l'économie française. Après un recul du PIB au premier trimestre (-0,2%) et une stagnation au deuxième, l'activité tricolore s'est à nouveau contractée au troisième (-0,1%), a annoncé l'Insee ce vendredi. Une déception supplémentaire alors que l'institut tablait initialement sur une croissance de 0,1%.
"Cela fait trois trimestres que la croissance n'est pas au rendez-vous" et "la conclusion de tout ça, c'est qu'en 2026, l'économie française est à l'arrêt", a reconnu le ministre de l'Économie, Roland Lescure. Tensions budgétaires, instabilité politique... La France paie cher l'environnement délétère dans lequel elle évolue et qui contraste nettement avec la situation de ses voisins : le PIB a par exemple augmenté de 0,2% au troisième trimestre en Allemagne, dépassant les attentes, et a continué à caracoler en Espagne, avec +0,6%.
"C'est objectivement une très mauvaise nouvelle" car c'est "un scénario plutôt noir pour l'économie française", souligne sur BFM Business Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, ajoutant que tout cela ressemble "à un début de récession". L'investissement s'effondre, la consommation résiste (pour l'instant) "L'économie française ne se trouve pas en récession au sens technique du terme, qui suppose deux trimestres consécutifs de contraction mais elle est en réelle stagnation, marquée par l'affaiblissement de l'investissement, les difficultés de l'industrie et la volatilité des exportations", explique de son côté Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l'épargne. Effectivement, le niveau de l'investissement (-0,6%) sans doute plombé par le niveau élevé d'incertitude est "inquiétant", confirme Anthony Morlet-Lavidalie.
"On est à trois reculs consécutifs assez marqués et cela touche tous les acteurs: administrations publiques, ménages et entreprises". Mais l'économie est aussi fragilisée par la contraction surprise des exportations, notamment dans l'aéronautique. À tel point que le commerce extérieur est responsable à hauteur de -0,6 point du recul du PIB au troisième trimestre.
Seul lot de consolation : la consommation des ménages qui résiste (+0,4%), malgré le retour de l'inflation dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient. Mais pour combien de temps ? "On n'a peut-être pas encore touché le fond parce que la consommation des ménages pourrait pâtir davantage dans les trimestres à venir" si les prix continuent de croître, prévient Anthony Morlet-Lavidalie.
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- BFM Business30 oct., 11:51
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