"Une journée isolée produit peu de résultats", affirme le sociologue Jean-François Amadieu après la mobilisation du 5 novembre
Jean-François Amadieu, professeur à l'université Panthéon Sorbonne, est l'invité actu du "10 minutes info" du vendredi 6 novembre. Il revient sur la mobilisation de la veille et sur le rôle des syndicats dans ce…
Ce texte correspond à la retranscription d'une partie de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité. Djamel Mazi : Bonjour Jean-François Amadieu, sociologue, spécialiste des mouvements sociaux.
Est-ce qu'on sait précisément qui était dans la rue hier ? Jean-François Amadieu : Il y avait un profil assez diversifié, ce qui explique d'ailleurs que les chiffres n'aient pas été mauvais. Je rappelle quand même que ce n'est pas uniquement les organisations syndicales, toutes les organisations syndicales qui appelaient à une journée de grève et de manifestations, c'était aussi des organisations d'étudiants et de lycéens.
Donc évidemment, c'est beaucoup plus large. S'ajoute à ça la mobilisation des formations politiques ou de certaines d'entre elles. Sophie Binet, la patronne de la CGT, dit : "La question ce n'est pas : est-ce qu'on va gagner ?
Mais : quand va-t-on gagner ? " C'est déjà gagné pour les syndicats ? Oui alors c'est un peu du théâtre, les relations sociales, comme vous le savez, et Sophie Binet est dans son rôle.
On a bien vu les déclarations hier de Marylise Léon pour la CFDT et de Sophie Binet. Classiquement, vous dites à la fin d'une journée : "ça va continuer. Les équipes en décideront et on ne s'arrêtera pas".
Ce qu'on sait, c'est que quand vous faites des journées isolées de mobilisation, ce qu'on appelle les journées interprofessionnelles, a fortiori des journées de la fonction publique, ça a un impact limité. Chacun sait que pour qu'il y ait des résultats un peu plus tangibles, il faudrait que vous ayez des mouvements de grève, des arrêts de travail, par exemple sur les salaires ou sur des motifs comme ça. Sinon, une journée isolée produit peu de résultats.
Les syndicats, dont les élections professionnelles auront lieu en décembre, reviennent au centre des mobilisations. Le rapport de force a clairement changé depuis hier, entre gouvernement et syndicats ? Je crois que vous avez parfaitement raison sur l'importance des élections professionnelles et le phénomène classique, on a toujours observé ça, le durcissement.
Chacun veut montrer qu'il est plus combatif que les autres pour une raison simple qu'il faut rappeler en France, c'est que les salariés en général, a fortiori ceux du public, comme les Français de façon plus générale, soutiennent toujours les manifestations et les grèves sur les questions sociales, parfois jusqu'à plus de 90%, selon les catégories de personnels. Donc ça explique que la combativité est payante électoralement. Il y a une demande de combativité et d'opposition.
Ça n'empêche pas la CFDT de faire de bons scores, elle reste la première organisation. Donc effectivement, c'est un élément qui compte. Alors est-ce que le rapport de force est franchement inversé ?
Pas encore recoupée
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- Franceinfo6 nov., 10:46
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