«L’année prochaine, la totalité de l’impôt sur le revenu ne suffira pas à payer les intérêts de la dette», lance François Bayrou
Alors que les candidats à la présidentielle se mettent en ordre de bataille, l’ancien premier ministre a rappelé l’ampleur du mur budgétaire qui attend la France.
Il n’est plus locataire de Matignon, mais il n’a rien perdu de son sens de la formule. Invité dimanche 5 juillet au soir sur le plateau de BFMTV, François Bayrou a remis sur la table le sujet qui fut son étendard tout au long de son passage au gouvernement en 2025 : le péril de la dette, cette «malédiction» qui menace l’avenir de notre pays. Avec un constat destiné à marquer les esprits : «L’année prochaine, la totalité de l’impôt sur le revenu ne suffira pas à payer les intérêts de la dette», lance-t-il sur le plateau.
Et d’enfoncer le clou : «Pas pour rembourser le capital, mais pour payer les intérêts de la dette. » Et pour cause, à un an des élections présidentielles, aucun candidat sérieux ne semble pouvoir désormais faire l’impasse sur les 3500 milliards d’euros de dette accumulée. Interrogé sur ce qu’il pense d’Édouard Philippe, candidat centriste pour 2027 qui tenait dimanche son premier meeting de campagne, François Bayrou a repris sa litanie sur l’urgence de la situation.
«Il y a trois ou quatre problèmes dominants et il y en a un qui domine tous les autres : c’est la dette. C’est-à-dire la charge qui va peser sur les générations actuelles qui sont au travail ou qui sont contribuables», a-t-il lancé. Charges : jusqu’à 100 milliards d’euros Il faut dire que l’ancien premier ministre, qui assurait déjà l’an dernier que le «pronostic vital» était engagé pour les finances publiques, a pour lui l’argument des chiffres.
Au premier trimestre 2026, l’endettement français a en effet poursuivi son inexorable envolée, atteignant 3 536,1 milliards d’euros, soit 117,5% du produit intérieur brut (PIB), rapporte l’Insee. De sorte que le service de la dette de l’État devrait atteindre 64 milliards d’euros en 2026, et pourrait augmenter jusqu’à 100 milliards dans les années qui viennent, selon le gouvernement, dépassant le budget consacré à l’éducation (hors pensions) ou à la défense. Un montant qui devrait également dépasser ce que l’État prélève en impôt sur le revenu, qui avait rapporté plus de 95 milliards d’euros en 2025, soit un quart des recettes fiscales de l’État.
Édouard Philippe, qui a martelé dimanche vouloir «faire contribuer davantage les retraités au financement de notre système social», est-il à la hauteur des enjeux ? «Il a exprimé une intention, et c’est bien, a concédé François Bayrou. Mais après il va falloir choisir le chemin, parce que la France a pris des engagements, et si je comprends bien, elle ne peut pas les respecter.
» Là encore, les faits lui donnent raison : le gouvernement français s’était fixé comme objectif un déficit à 5% du PIB en 2026. Les dernières projections du Trésor tablent plutôt sur 5,2%...