« Nous voulons être l’un des trois grands roboticiens du monde » : comment la pépite française Wandercraft compte défier les géants chinois et américains
PODCAST - Née dans la robotique médicale, Wandercraft s’attaque désormais aux robots humanoïdes industriels. Avec Renault comme partenaire, la société française veut changer d’échelle et rivaliser avec les géants…
Un robot capable de porter une caisse de 25 kilos, de travailler à la chaîne et, demain, d’aider une personne âgée à se lever de son fauteuil. C’est le pari de Wandercraft. La société française, connue pour ses exosquelettes médicaux, s’attaque désormais au marché mondial des robots humanoïdes industriels. Avec l’objectif de ne pas se laisser distancer par les géants chinois et américains, qui investissent massivement dans cette nouvelle génération de machines.
Son nouvel humanoïde s’appelle Calvin, en hommage à Susan Calvin, la robopsychologue imaginée par Isaac Asimov. Avec cette référence littéraire en étendard Wandercraft veut concevoir des robots capables de travailler dans des conditions réelles, plutôt que de briller dans des démonstrations spectaculaires. « Nous voulons être l’un des trois grands roboticiens du monde », assure Jean-Louis Constanza, cofondateur de l’entreprise en 2012.
Pour tenir la cadence, Wandercraft dispose d’un atout de taille : Renault, son actionnaire minoritaire, partenaire industriel et premier client. Le constructeur doit lui permettre de franchir le cap de la production à grande échelle, en s’appuyant sur les méthodes de l’industrie automobile pour réduire les coûts et fiabiliser la fabrication. Une alliance que Jean-Louis Constanza juge particulièrement réussie, sans craindre pour l’indépendance de son entreprise.
Jean-Louis Constanza, cofondateur de l'entreprise en 2012.
La souveraineté industrielle constitue un autre pilier de sa stratégie. Wandercraft revendique plus de 60 % de valeur ajoutée produite en France et veut rapatrier ses composants critiques dans l’Hexagone et en Europe. Tous ne sont pas disponibles sur le continent : certains moteurs viennent des États-Unis, d’autres éléments d’Allemagne ou d’Espagne. Mais l’objectif est clair : éviter qu’une rupture d’approvisionnement ne compromette la production.
Réduire sa dépendance aux fournisseurs étrangers
Face aux concurrents asiatiques, notamment chinois, et américains, Wandercraft joue une partition différente. Pour Constanza, les prouesses des robots humanoïdes présentés en vidéo ne prouvent pas toujours leur capacité à travailler de manière autonome. Dans une usine, la performance se mesure moins à la capacité d’exécuter un salto qu’à celle de répéter une tâche sans erreur, toute une journée durant. Ses équipes associent intelligence artificielle et algorithmes déterministes, fondés sur des règles précises, afin d’obtenir des taux de réussite compatibles avec les exigences industrielles.
Elles entraînent aussi les machines dans des environnements virtuels grâce à un simulateur propriétaire, complété pour certaines applications par les outils de Nvidia. En revanche, elle cherche à limiter la puissance de calcul embarquée, pour maîtriser les coûts et réduire sa dépendance aux composants les plus récents.
Pas encore recoupée
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- Challenges25 oct., 13:00
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