Moody’s épargne la France, mais Roland Lescure met en garde ceux qui veulent "voter un budget en dérive"
Le maintien de la note de la France à Aa3 par Moody’s, malgré une perspective négative, est "la reconnaissance de la force et de la diversité de l’économie française", estime Roland Lescure. Mais le ministre de…
Pour Roland Lescure, ministre de l'Economie, invité samedi 24 octobre sur franceinfo, le maintien de la note de la France par Moody's avec perspective négative est "la reconnaissance de la force et de la diversité de l'économie français mais c'est aussi un avertissement à tous ceux qui veulent s'éloigner de la copie budgétaire, voter un budget en dérive [... ] et c'est aussi un avertissement pour ceux qui jouent la pagaille". Le ministre de l'Economie a dit en début de semaine "être persuadé" que la France "aura un budget" début 2027, "car nous n'avons pas le choix et parce qu'on a les instruments constitutionnels pour le faire adopter", soit le recours au 49.
3 ou à des ordonnances. D'après Roland Lescure, Moody's note "la dégradation du climat social, les risques de turbulences, de violences", des "ombres au tableau" selon le ministre qui parle malgré tout d'un tableau qui est "celui d'une économie française qui tient la route et d'un gouvernement qui tient les comptes". Déficit à plus de 5,4% du PIB Vendredi soir, à la surprise générale, Moody's a de nouveau décidé de maintenir la note de la dette tricolore à Aa3 ("de bonne qualité"), toujours assortie d'une perspective négative.
Un verdict qui permet à la France de conserver son dernier "double A", alors que les autres grandes agences, Fitch et S&P la classent déjà à A+. Ce qui correspond à une dette de "qualité moyenne supérieure". Avec un déficit attendu à plus de 5,4% du PIB et une dette de 119%, le pays paye pourtant bien plus cher son indiscipline budgétaire et son instabilité politique depuis quelques semaines: son taux d’emprunt à 10 ans a en effet franchi mercredi et pour la première fois depuis 2002 le seuil symbolique des 5%.
Illustration de la perte de confiance des investisseurs dans la capacité du gouvernement à faire voter un budget permettant de redresser les comptes publics. Autre signe de la défiance accrue envers l’hexagone: le spread (écart de taux) avec l’Allemagne qui demeurait quant à lui supérieur à 170 points de base ce vendredi alors qu’il était encore autour de 70 points en début d’année. Du jamais vu depuis 2011.
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- BFM Business24 Oct, 15:59
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