BHV Marais : Bye bye Shein, place à 37 marques et à l’actionnariat salarié… Un grand plan annoncé pour la rentrée
La nouvelle direction du BHV Marais a présenté lundi son plan de relance pour sauver le mythique magasin parisien après le cuisant échec Shein
Après être passé pas loin de la disparition totale, le BHV Marais pourrait renaître de ses cendres. Un mois après sa reprise par son équipe dirigeante, cette dernière a dévoilé lundi un plan de relance censé remettre à flot le mythique magasin parisien, malgré un différend financier avec son bailleur. Ce plan inclut une reprise de contact avec des marques, la réouverture du rez-de-chaussée et un actionnariat salarié avec, en ligne de mire, les 170 ans du magasin en octobre prochain.
Cofondée par Frédéric Merlin, la SGM avait annoncé mi-juin revendre « à prix négatif », autrement dit à perte, le fonds de commerce de l’établissement situé face à l’Hôtel de Ville, acquis en 2023, à certains de ses dirigeants. Parmi eux, Karl-Stéphane Cottendin, ex-bras droit de Frédéric Merlin, qui a promis de recentrer le magasin sur la maison (bricolage, décoration…), et d’arrêter son partenariat controversé avec Shein, géant asiatique de la mode ultra-éphémère installé au 6e étage depuis novembre. Du neuf et des retours Le nouveau dirigeant a d’abord salué les « réactions hyper positives » au changement de main du BHV, déserté depuis des mois par de nombreuses marques (Dior, Sandro…) mécontentes du fait d’impayés ou de l’arrivée de Shein.
Selon lui, des « échanges constructifs » sont en cours avec Shein pour accélérer sa sortie, avant la fin de son contrat en 2027. A l’inverse, « 37 marques » ont, en un mois, « confirmé leur retour à la rentrée », s’est réjoui Karl-Stéphane Cottendin. « Ligne Roset, Cinna » ou encore Madura en font partie, précise un communiqué.
Parti avec fracas en 2025 en raison d’impayés, Le Slip Français a également « manifesté sa volonté de retravailler » avec le BHV « et va fabriquer les tee-shirts » de ses salariés, selon le communiqué. Un plan d’actionnariat salarié pour les 800 employés La relance passera aussi dès septembre par le rez-de-chaussée. Fini le luxe et la mode, place à Boulanger et Rougier & Plé.
Deux accès représentant « 50 % du trafic d’entrées » seront également rouverts, selon Karl-Stéphane Cottendin. La « moitié des surfaces » du magasin ont été vidées dans le cadre d’un accord avec le fonds canadien Brookfield, propriétaire des murs depuis janvier, mais les « dizaines de millions d’euros » attendus en échange n’ont pas été versées, a expliqué le dirigeant. De son côté, le bailleur invoque des problèmes de mise en conformité de la part du BHV, selon une source proche du dossier.
La direction, qui revendique 800 employés, a également annoncé un « plan d’actionnariat salarié » devant permettre à terme aux équipes de détenir « 40 % du capital », et le recrutement d’un ex-dirigeant du groupe Printemps, Eric Lovisolo, au comité exécutif. Au-delà de l’aspect social, cette mesure vise à stabiliser les coûts de masse salariale et à impliquer les équipes dans le redressement.