Fonction publique : « Augmenter le point d’indice allégerait le poids de la dette publique dans le PIB »
Augmenter la rémunération des fonctionnaires accroîtrait un peu la dépense publique, mais beaucoup plus le produit intérieur brut, et ainsi le ratio dette/PIB baisserait, estime Philippe Askenazy dans sa chronique au «…
Dans un climat de crise budgétaire permanente, la France est à la recherche de leviers pour atténuer la charge de la dette publique sans accroître de façon inacceptable les déficits. La récente chronique de Philippe Askenazy, publiée dans le « Le Monde », se penche sur un argument qui sort des sentiers battus : un léger « point d’indice » supplémentaire pour les fonctionnaires pourrait en fin de compte alléger la pression que représente la dette sur le produit intérieur brut.
Dans la chronique, Askenazy explique que l’augmentation d’une unité de l’indice salarial décrète certes une hausse de la dépense publique, mais que l’effet sur la croissance est proportionnellement beaucoup plus important. Il évoque la théorie du multiplicateur fiscal, selon laquelle le travail des fonctionnaires – dépôts d’impôt, délivrance de services publics, inspection de la sécurité, etc. – constitue une part fondamentale du tissu économique. Accroître leurs revenus stimulerait la consommation, améliorerait la productivité et, par ricochet, renforcerait le PIB, faisant ainsi chuter le ratio dette‑PIB, même si les dépenses totales montent légèrement.
Les économistes du secteur ; eux, épicuriens japon, condamnent àirez rarement. Mais la chronique de Askenazy rappelle que les effets sur la dette ne proviennent pas d’une effort de césure ou d’un budget de mesure ; c’est la revalorisation graduelle (un point d’indice qui représente, peu à peu, des milliers d’euros par agent) qui a pour objectif de créer de l’output et d’apporter un soutien durable à la santé fiscale. Dans cette perspective, une hausse des salaires est un levier de croissance capable d’augmenter les recettes d’impôt et de réduire la fragilité de la politique budgétaire.
Néanmoins, le simple fait de lever les rémunérations n’est pas gratuit. La hausse de la masse salariale public ne peut pas être vue isolément, mais doit être analysée dans son cadre global : comment la finance publique va-t‑elle pivoter devant ce nouvel encours ? Comment l’inflation, l’efficience du personnel et/ou les attentes salariales se traduiront‑elles en bénéfice net ? De plus, la fiscalité actuelle, qui s’appuie sur l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés, devra être élargie ou optimisée afin de capturer l’explosion probable du PIB et d’éviter une augmentation parallèle des impôts qui annulerait l’effet positif du multiplicateur.
Sur le plan pratique, l’idée d’un point d’indice supplémentaire s'inscrit dans une logique d’éducation et de performance : la France est loin d’être à la page mondiale en termes de rémunération du personnel public. Un niveau ajusté plus compétitif pourrait également contribuer à limiter la fuite des cerveaux et à améliorer la qualité du service rendu. Cependant, l’impact sur le budget devra être compensé par des modernisations structurelles, notamment par des réformes de la fonction publique intérieure, pour garantir que le nouvel emploi de la dette reste durable et productif.
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- Le Monde28 oct., 14:00
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