Le patronat demande au gouvernement «de renoncer» aux mesures de «surcoût» pour les entreprises
Les trois organisations patronales représentatives prennent vendredi la plume pour demander au gouvernement de «renoncer» aux mesures «augmentant massivement» le coût du travail dans le budget de la Sécurité sociale, au risque, selon elles, d'entraver les hausses de salaires. «En augmentant le coût du travail, le gouvernement menace les augmentations de salaire», écrivent dans un communiqué commun le Medef, qui avait déjà alerté sur cette question en début de semaine, Les Entrepreneurs (ex-CPME) et l'U2P. Les trois organisations estiment que les mesures prévues dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 pourraient «compromettre les augmentations de salaire» attendues par les salariés.
«Le SMIC a déjà été revalorisé de 2,41 % au 1er juin 2026 et les prévisions d'inflation laissent envisager une nouvelle augmentation au 1er janvier 2027 voire le 1er décembre», remarquent-elles, mais «dans le même temps, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit de prolonger le gel des (... ) allègements de cotisations patronales et d'intégrer l'intéressement et la participation dans leur calcul, comme c'est déjà le cas pour la prime de partage de la valeur». Une « double peine » pour les entreprises Dans ce contexte, le patronat considère que les entreprises seraient confrontées à une «double peine», contraintes «d'assumer des salaires minimums plus élevés tout en supportant davantage de cotisations».
Comme le Medef l'avait fait mardi, le communiqué chiffre à «plus de 11 milliards d'euros» les mesures concernées dans le PLFSS, «soit en moyenne 550 euros par salarié et par an». «Dans une conjoncture économique déjà difficile», les trois organisations craignent que ces charges «compliquent les négociations salariales et alimentent les tensions sociales» dans les entreprises. Elles appellent donc «solennellement» le gouvernement et les parlementaires à renoncer à ces dispositions, et estiment que «le redressement des finances publiques doit reposer avant tout sur une maîtrise des dépenses publiques plutôt que sur un renchérissement du travail».
Vendredi matin, le président du Medef Patrick Martin avait aussi dénoncé sur France Info le risque de «pagaille dans les entreprises» qui résulterait d'une augmentation concomitante du Smic «pour acheter la paix sociale» et du coût du travail.
