Le regain de tensions au Moyen-Orient fait progresser les cours du pétrole

Les cours du pétrole ont terminé en hausse lundi, dans un marché crispé par le regain de tensions entre les États-Unis et l'Iran au cours du week-end, malgré l'annonce d'une cessation des hostilités. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a gagné 1,61% à 73,15 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, s'est octroyé 2,20% à 70,75 dollars.
«Le marché a des doutes concernant l'accord» signé le 17 juin par Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, commente auprès de l'AFP Stephen Schork, analyste de The Schork Group. Les États-Unis et l'Iran ont échangé de nouvelles frappes ce week-end, s'accusant mutuellement de violations de leur fragile cessez-le-feu, avant d'annoncer, dimanche, une cessation des hostilités. Le président américain Donald Trump a par ailleurs assuré lundi qu'il y aurait bien une rencontre mardi au Qatar entre délégations américaine et iranienne, et ce à la demande de Téhéran, qui venait de son côté de démentir cette affirmation.
Les tensions se cristallisent notamment autour de la gestion du stratégique détroit d'Ormuz, où le trafic maritime a ralenti ce week-end après des attaques de navires. L'Iran veut pouvoir contrôler la navigation dans le détroit, et réfléchit à l'imposition de «droits de redevance» qui n'existaient pas avant la guerre, ce à quoi s'opposent les États-Unis. «Les gros titres du week-end nous rappellent que ce conflit n'est probablement pas complètement terminé», résume M.
Schork. Dans le même temps, «les acteurs du marché surveillent de près le trafic des pétroliers» dans le Golfe, explique Phil Flynn, de The Price Futures Group. Au total, 29 bateaux transportant des matières premières ont franchi le détroit d'Ormuz samedi et 12 dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, un chiffre en net recul par rapport aux jours précédents.
Mercredi, 70 franchissements avaient été recensés, un record depuis la fermeture d'Ormuz début mars mais un nombre moitié moins élevé qu'en temps normal. Le prix du gaz européen monte également. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a grimpé de 4,48%, à 42,57 euros le mégawattheure.
Le gaz européen est notamment poussé par les «faibles stocks de l'UE» ainsi que par la récente vague de chaleur en Europe, car ce type d'épisode «soutient généralement le marché en augmentant la demande de gaz», explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.