Le recul de l'inflation américaine dope le moral des Bourses mondiales

Le recul de l'inflation aux États-Unis en juin et les bons résultats des grosses banques américaines, ont dopé mardi 14 juillet le moral des Bourses mondiales malgré le discours du président de la Réserve fédérale qui n'exclut pas une hausse de taux. Vers 14h15 GMT, les trois indices de Wall Street étaient soit à l'équilibre (S&P 500 +0,02%) soit en légère hausse (Nasdaq +0,22% et Dow Jones +0,14%). Les investisseurs ont été rassurés par l'annonce avant la séance d'un ralentissement plus important qu'espéré de l'inflation en juin à 3,5% sur un an, contre 4,2% en mai.
Ce reflux dissipe la probabilité d'une prochaine hausse des taux par la Fed évoquée la veille par un de ses hauts responsables, ce qui est bon pour la Bourse (une hausse des taux favorise l'achat de bons d'État plutôt que l'investissement en actions). «La dernière recrudescence des tensions au Moyen-Orient et la hausse de 10% du prix du pétrole en juillet maintiendront les risques d'inflation à l'horizon», rappelle cependant Kathleen Brooks, directrice de recherche pour la plate-forme XTB. «Si nous menons la politique adéquate - et nous le ferons - la flambée d'inflation des cinq dernières années appartiendra au passé», a aussi prévenu le nouveau président de la Fed Kevin Warsh devant une commission de la Chambre des représentants, selon son discours communiqué à l'avance à la presse.
Par ailleurs, la saison des résultats a commencé sur les chapeaux de roues avec les bonnes performances des banques (Citigroup, Bank of America... ), faisant oublier les doutes sur l'intelligence artificielle, le grand moteur des marchés ces derniers mois. Ce n'était pas le cas pour le groupe informatique IBM, dont le titre chutait de plus de 24% dans les premiers échanges après avoir annoncé que ses résultats pour le trimestre allant d'avril à juin décevraient les attentes, une annonce imprévue qui a surpris le marché.
L'Europe se redresse Vers 14h00 GMT, Paris naviguait à l'équilibre (+0,05%) au fil d'un jour férié marqué par l'entrée en bourse, sur un marché secondaire, du Slip français, symbole des tentatives de réindustrialisation de la France. Francfort était également proche de l'équilibre (-0,04%) alors que Londres (+0,40%) montrait un goût plus affirmé pour le risque, en particulier pour les minières (Glencore +3,32%, Rio Tinto +2,64%, Fresnillo +2,48%). Il semble que les bons chiffres d'inflation aient aidé les Européens à oublier la reprise des tensions au Moyen-Orient, la hausse des prix du pétrole et le retour des menaces inflationnistes.
Le prix du baril de pétrole Brent est remonté mardi à 85 dollars pour la première fois depuis plus d'un mois après une nouvelle salve de frappes américaines contre l'Iran, au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%. Vers 14h00 GMT, il gagnait encore 2,86% à 85,68 dollars. Son équivalent nord américain, le WTI, grimpait lui de 2,42% à 80,03 dollars.
Les États-Unis et l'Iran poursuivent leurs attaques mutuelles dans la région. Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mener «une troisième nuit consécutive de frappes», avant un rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens. Les Émirats arabes unis ont eux fait état mardi d'attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers dans le détroit d'Ormuz, tuant un membre d'équipage.
Des explosions ont été entendues à Bahreïn. Au cœur des tensions : le détroit d'Ormuz, sur lequel Téhéran veut imposer un péage, tout comme Donald Trump, qui compte percevoir en échange de sa «protection» une rémunération «correspondant à 20% de la valeur des cargaisons», contraire au droit international. Détente sur le marché obligataire Avec les bons chiffres de l'inflation aux États-Unis, une détente s'observait sur le marché obligataire (les taux d'intérêt de la dette des États).
En Europe vers 14h00 GMT, le rendement de la dette allemande à échéance dix ans, référence sur le continent, revenait à 3,11% contre 3,13% plus tôt dans la journée et 3,10% la veille en clôture. Son équivalent français affichait 3,89% après une poussée à 3,91%.