Après le scandale des eaux minérales françaises, Nestlé s’apprête à céder la moitié de Perrier, Vittel et Hépar à un fonds américain (l'entité serait valorisée 5 milliards d'euros)
Nestlé pourrait céder 50% de sa division eaux au fonds d'investissement Platinum Equity, selon le Financial Times. L'accord, qui prendrait la forme d'une coentreprise pour des marques phares comme Perrier et Vittel, inte

À la veille de la publication de ses résultats trimestriels, ce jeudi 23 juillet, la multinationale agroalimentaire serait sur le point de conclure un accord avec l’entreprise de capital-investissement Platinum Equity pour lui vendre la moitié de sa division eau, d’après le Financial Times. Voilà de nombreux mois que le groupe était ouvertement en quête de liquidités pour relancer cette filiale, notamment propriétaire de Perrier, Hépar, San Pellegrino ou encore Vittel. "Nous sommes à la recherche de partenariats qui nous aideront à mettre en valeur et faire croître cette activité", avait expliqué Laurent Freixe, ancien directeur général de l'entreprise suisse, en février 2025.
Cette division avait été séparée du reste du groupe, dans l’attente d’un rachat partiel. D’importants fonds d’investissement comme KKR, CD&R ou encore le français PAI Partners avaient manifesté leur intérêt. Un processus compliqué D’après les sources interrogées par le FT, cette opération d’envergure prendrait la forme d'une coentreprise valorisant le fabricant d’eau en bouteille à près de 5 milliards d'euros.
Un montage similaire avait été mis sur pied avec la société d'investissement PAI pour isoler ses activités de crèmes glacées Froneri et de pizzas surgelées en Europe. Et la firme avait vendu en 2021 ses activités d’eau en Amérique du Nord (Poland Spring, Pure Life) pour 4,3 milliards de dollars à la société de capital-investissement américaine One Rock Capital. L’eau ne représente aujourd’hui que 3,5 % du chiffre d'affaires du mastodonte.
Contacté par BFM Business, Nestlé n'a pas souhaité commenter. Si elle est confirmée, cette vente serait l’aboutissement d’un processus compliqué par les déboires récents du groupe. Les eaux de Nestlé sont secouées depuis 2024 par un scandale autour de systèmes de microfiltration interdits pour les eaux minérales.
La multinationale a reconnu avoir utilisé des méthodes de traitement interdites. Ces procédés auraient servi à répondre à des contaminations de captages par des bactéries, des pesticides ou d’autres pollutions. Le problème est double: ces eaux ne correspondaient plus totalement à l’image de pureté naturelle mise en avant auprès des consommateurs, et leur commercialisation sous les marques Perrier, Vittel, Contrex ou Hépar peut donc être considérée comme trompeuse.
L’affaire a ensuite pris une dimension politique et judiciaire. Nestlé Waters a accepté en 2024 une amende de 2 millions d’euros et un programme de mise en conformité, tandis qu’une commission d’enquête du Sénat a accusé les pouvoirs publics d’avoir tardé à agir et d’avoir cherché à préserver l’activité du groupe. Perrier est particulièrement fragilisé, certains captages pouvant perdre leur statut d’eau minérale naturelle.
À cela s’ajoutent d’autres procédures, notamment sur des pollutions plastiques dans les Vosges, qui ont fortement dégradé l’image du groupe en France. Licenciements massifs et économies en vue Le groupe aux plus de 2. 000 marques, dont les cafés solubles Nescafé et bouillons Maggi, a également été troublé par l’annonce récente de suppressions de postes massifs.
En octobre, Philipp Navratil, directeur général de Nestlé, annonçait la suppression de 16. 000 postes durant les deux prochaines années, soit près de 6% des effectifs. "Parallèlement à d'autres mesures, nous nous efforçons de réduire considérablement nos coûts et, aujourd'hui, nous relevons notre objectif d'économies à 3 milliards de francs suisses d'ici fin 2027", avait précisé Philipp Navratil, qui a repris les commandes du géant de l'alimentation début septembre.
Le chiffre d'affaires de la firme atteignait les 89,76 milliards de francs suisses (98,4 milliards d'euros) en 2025, contre 91,4 milliards de francs en 2024.