Canicule et sécheresse : Ça se confirme, la récolte de blé sera en baisse en France
La production est attendue en baisse en 2026, à 32 millions de tonnes. La récolte a été précoce et marquée par les épisodes de canicule
Les champs français ont souffert de la chaleur. Malgré une augmentation des surfaces cultivées de blé en France, la moisson est en repli de 4 % par rapport à 2025, pour un rendement moyen plus faible, a estimé le ministère de l’Agriculture. La production est attendue en baisse, à 32 millions de tonnes après une récolte très précoce et réalisée sous des températures caniculaires.
Ces épisodes de fortes chaleurs ont dégradé les conditions de culture en fin de cycle de la céréale, a précisé le service statistique du ministère, Agreste. « On a une moisson très précoce. Chez moi en Champagne, j’ai terminé vendredi dernier, on n’a jamais connu ça », a déclaré à l’AFP Benoît Piétrement, président de l’interprofession Intercéréales et du conseil spécialisé sur les grandes cultures à l’établissement public FranceAgriMer.
« On a travaillé dans des conditions caniculaires exceptionnelles, avec des restrictions dans certains départements où la moindre étincelle de la moissonneuse-batteuse pouvait déclencher un feu », a-t-il souligné. Rendements hétérogènes Cette année, la récolte est marquée par une « bonne qualité » des grains, mais un rendement très hétérogène selon les territoires, a-t-il déclaré. Le rendement moyen provisoire s’établit à 69,3 quintaux par hectare, contre 74,2 q/ha en 2025, selon Agreste.
Une baisse qui pèse sur la production alors que les surfaces cultivées ont augmenté de 3 % sur un an en blé. Sur les marchés internationaux, la récolte attendue permettrait d'exporter plus de 14 millions de tonnes de blé sur la campagne de commercialisation 2026-27, dont 7 millions vers les pays hors UE, un volume en baisse en raison notamment d'une moindre importation du Maroc qui attend cette année une bonne moisson. La production d’orge (hiver et printemps) est en recul de 6 % sur un an, à 11 millions de tonnes, pénalisée par les rendements en baisse de l’orge de printemps (-36 %) qui a souffert des épisodes de forte chaleur.
Les régions du tiers nord du pays restent celles qui offrent les plus hauts rendements de blé tendre. Les départements de production les plus touchés par la baisse des rendements sont la Vendée et ceux de Poitou-Charentes (globalement -17%), du Grand Est (-9%) et de Bourgogne-Franche-Comté (-10%). Inquiétude majeure sur le maïs Globalement, la production de céréales à paille (blé, orge, avoine, seigle, triticale) reculerait de près de 5% sur un an, à 46,3 millions de tonnes.
La production de colza, un oléagineux valorisé pour son huile et la production d'agrocarburant, est attendue « stable » à 4,6 millions de tonnes: « la forte progression des surfaces cultivées (+12%) », liée notamment à la rentabilité de cette culture, « compenserait le recul du rendement ». L'inquiétude majeure porte sur le maïs, avec des surfaces cultivées en baisse de 20% sur un an, notamment en raison du prix en hausse des engrais et du changement climatique, et une production qui s'annonce « catastrophique », selon la principale association de producteurs (AGPM).