«Nous voulons inventer un autre chemin de transmission» : les fondations, des actionnaires toujours plus crédibles
[ARTICLE]:[ARTICLE]:En France, toujours plus de dirigeants s’engagent dans la création de fondations actionnaires en anticipation de la transmission de leur entreprise.
En France, toujours plus de dirigeants s’engagent dans la création de fondations actionnaires en anticipation de la transmission de leur entreprise. En clair, ils donnent une partie plus ou moins grande des titres de leur société, souvent familiale, à une fondation à but philanthropique, à la place de cessions plus lucratives.
« Il y a un côté presque indécent au fait que l’entreprise et la valeur créée ne reviennent qu’à deux actionnaires », estime Anne Leitzgen, citée dans un rapport sur ces fondations publié par le cabinet Prophil en juin 2026, par rapport au fabricant de meubles Schmidt Groupe dont elle est la présidente. Anne Leitzgen et Caroline Leitzgen, la présidente du conseil de surveillance, sont les petites-filles d’Hubert Schmidt, le fondateur du groupe, et les actionnaires ultra-majoritaires du groupe. Comme l’entreprise de cybersécurité Advens, la marque agroalimentaire C’est qui le Patron ? ! ou encore le distributeur de thés Palais des thés, Schmidt Groupe envisage de recourir à une fondation actionnaire qui pourrait détenir jusqu’au tiers de son capital. « Nous voulons inventer un autre chemin de transmission et, surtout, de partage de la valeur avec le collectif », poursuit Anne Leitzgen.
Ces multiples projets montrent un intérêt croissant des chefs d’entreprise pour ce modèle d’actionnariat encore rare en France mais beaucoup plus répandu au Danemark, où l’on dénombre environ 1400 fondations actionnaires, ou en Allemagne par exemple. Dans l’Hexagone, seules quatre fondations actionnaires avaient été identifiées en 2015. Dix ans plus tard, leur nombre a bondi à 38, selon le recensement effectué par Prophil. Elles pèsent près de 28 milliards d’euros de chiffres d’affaires cumulés et 98000 salariés. En ajoutant les entreprises engagées pour rejoindre le mouvement, une cinquantaine de sociétés sont séduites par ce modèle actionnarial.
Sur les 38 fondations actionnaires actuelles, plus de la moitié exercent un pouvoir de contrôle sur l’entreprise détenue ou ont vocation à le faire. « Pour prétendre être une fondation actionnaire, cette notion de contrôle est déterminante selon la recherche européenne, souligne Virginie Seghers, la présidente de Prophil. Toutefois, notre étude va au-delà de cette définition stricte et prend en compte des fondations qui détiennent seulement 5 % du capital. » De fait, la fondation actionnaire, très majoritairement constituée sous la forme juridique du fonds de dotation en France, cohabite dans 53% des cas avec un actionnariat familial, dans 42% des cas avec un actionnariat salarié et dans 8% des cas avec des fonds d’investissement. Plus de 70% des fondations actionnaires concernent des PME ou des ETI.
L’industrie en est un important vivier avec des entreprises comme le fabricant de palettes Archimbaud, celui de produits de soins pour la peau Naos, le spécialiste de la menuiserie Cetih, le fabricant de produits bio Léa Nature, les sirops Monin...
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- L'Usine Nouvelle25 oct., 14:00
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