"Dès qu’il ouvre la bouche, c’est pour dire des horreurs": Jean-Luc Mélenchon affirme que la présence de Nicolas Dufourcq à la tête de Bpifrance "est incompatible" avec celle des insoumis au pouvoir
Le candidat à l'élection présidentielle reproche à la banque publique d'investissement de n'avoir "aucun pilotage". S'en prenant à son directeur général Nicolas Dufourcq, il a défendu ce mercredi la création d'un pôle…
Bpifrance participe-t-elle aux "pratiques prédatrices" de certains fonds d'investissement ? C'est en tout cas l'accusation portée ce mercredi par Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse dédiée à la présentation du projet de la France insoumise pour créer un "pôle public bancaire au service des besoins". Citant un rapport parlementaire paru l'été dernier sur les fonds d'investissement, le candidat à l'élection présidentielle a dénoncé les opérations de rachats d’entreprise par effet de levier qui consistent à financer une acquisition par de l'endettement, avant de rembourser le prêt grâce aux flux de trésorerie de l'activité de l'entreprise rachetée.
"Ce mécanisme garantit aux investisseurs des taux de rendement élevés lorsque les conditions sont favorables, après que certaines transformations ont été mises en œuvre dans l’entreprise-cible ; elle expose en revanche l’entreprise-cible, ses salariés et la collectivité tout entière à des risques considérables lorsque la conjoncture se retourne", indiquait le rapport parlementaire. Or, Jean-Luc Mélenchon assure que "cette circulation du capital spéculatif est aidée voire épaulée par du financement public, notamment par Bpifrance, (... ) parce qu'il rapporte".
Le leader insoumis a ainsi dénoncé "l'irresponsabilité de l'actuel pôle publique financier" qui "n'a aucun pilotage" si ce n'est "que le marché vive". Son mandat "n'a donc aucune orientation autre que de faire de la valeur", a-t-il encore déploré. "Dès qu'il ouvre la bouche, c'est pour dire des horreurs" Le patron de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, avait lui assuré en audition devant une commission d'enquête parlementaire que cette vision ne "correspondait absolument pas à la réalité".
Au contraire, Jean-Luc Mélenchon lui reproche de soutenir ces pratiques "prédatrices" des fonds d'investissement. "Il n’en fait qu’à sa tête parce que personne ne contrôle rien, personne ne peut lui donner d’ordre" et "dès qu’il ouvre la bouche c’est pour dire des horreurs avec lesquelles nous sommes en désaccord fondamental", a lâché Jean-Luc Mélenchon à propos de Nicolas Dufourcq. Et d'ajouter : "Il est clair que sa présence à la tête de cette banque est incompatible avec la nôtre à la tête de l’État, non pas par désagrément personnel - je ne le connais pas - mais cette manière de faire de la banque publique ne nous convient pas du tout".
Le candidat à l'élection présidentielle a lui plaidé pour un pôle public bancaire "puissant et dirigé". "On doit d'abord dire à quoi il sert et dans quelle direction" il doit "avancer", a-t-il dit, les insoumis mettant notamment l'accent sur le financement de projets répondant aux besoins sociaux et écologiques. La France insoumise propose par ailleurs la création d'un Livret B plus intéressant que l'assurance-vie pour mieux flécher l'épargne des Français et augmenter les moyens de ce pôle public financier.
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- BFM Business28 oct., 13:29
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