Des serveurs plutôt que des cerveaux : la grande réallocation des coûts chez Microsoft
Microsoft propose un plan de départs volontaires ciblant 60 000 salariés aux États-Unis, au Canada, en Inde et au Royaume-Uni. Le groupe réalloue directement ses coûts de personnel pour absorber 41 milliards de dollars…
Le groupe informatique américain Microsoft a présenté lundi 26 octobre une proposition de départ volontaire à 60 000 salariés répartis aux États-Unis, au Canada, en Inde et au Royaume-Uni. Cette mesure, qui s'adresse à plus de 27 % des effectifs globaux de l'entreprise, intervient à 48 heures de la présentation de ses résultats trimestriels. Il s'agit de dégager des marges d'exploitation qui seraient réaffectées vers les dépenses d'infrastructure nécessaires à l'entraînement et au déploiement des modèles d'intelligence artificielle (IA).
Transmis par la directrice des ressources humaines Amy Coleman, le mémo interne précise que le dispositif ne fixe aucune condition d'âge ni d'ancienneté. La mesure touche des fonctions s'échelonnant jusqu'à la fonction de vice-président. Selon les modalités opérationnelles révélées par le média américain GeekWire, les salariés disposent d'un délai de décision s'achevant au début du mois de décembre 2026, avec des indemnités calculées sur le barème d’un licenciement économique classique.
Un plan de départs sans condition d'ancienneté ciblant 60 000 salariés
Cette offre élargie fait suite à une première vague lancée en avril 2026. Restreint aux seuls salariés américains en fin de carrière, ce précédent plan avait enregistré un taux d'adhésion supérieur à 30 % sur un bassin de 9 000 postes ciblés. La charge comptable associée à ces départs avait atteint 900 millions de dollars inscrits au bilan trimestriel. Pour la nouvelle procédure, la direction anticipe un taux de souscription inférieur mais étendu à une base salariale sept fois plus large.
Contrairement aux pratiques observées chez ses concurrents de la Silicon Valley, qui ont privilégié les vagues de licenciements fermes ou le durcissement du contrôle de présence au bureau pour susciter des démissions, Microsoft cherche à étaler le coût de réduction de sa masse salariale sur deux exercices comptables consécutifs.
L'ouverture de ce plan répond au besoin de compenser l'explosion des capex (dépenses d'investissement matériel), qui se sont élevées à 41 milliards de dollars sur la période d'avril à juin 2026. L'essentiel de ces liquidités est consommé par la construction de data centers, la réservation de capacités électriques et l'approvisionnement en processeurs graphiques auprès de Nvidia.
Le mouvement traduit une réallocation des capitaux à l'échelle de l'industrie technologique. Selon les documents réglementaires publiés par les régulateurs boursiers, Alphabet, Amazon, Meta et Microsoft prévoient d’engager un montant cumulé de 700 milliards de dollars d'investissements matériels en 2026. La contraction des charges de personnel devient le principal levier d'ajustement pour préserver la rentabilité opérationnelle exigée par les marchés financiers.
Une purge salariale à l'échelle du secteur technologique
Pas encore recoupée
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- La Tribune27 oct., 10:16Des serveurs plutôt que des cerveaux : la grande réallocation des coûts chez Microsoft ↗Chiffres : 60 000 emplois · 41 milliards
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