Une affaire "utilisée pour nous faire tomber": le président argentin Javier Milei finalement blanchi dans l'enquête pour escroquerie présumée liée à la cryptomonnaie $libra
En février 2025, Javier Milei avait partagé sur X ce projet crypto avant d'effacer son message. Certains investisseurs ont perdu des milliers de dollars.
La justice argentine a prononcé vendredi un non-lieu pour le président Javier Milei et sa soeur Karina dans l'affaire de la cryptomonnaie $libra, à laquelle le chef de l'Etat avait été associé et qui avait donné lieu à une enquête pour escroquerie présumée. L'enquête, qui a marqué un épisode politique particulièrement délicat pour le président ultralibéral, faisait suite à son relais, ou son apparente promotion, sur la plateforme X en 2025, d'un lancement de cryptomonnaie, avant de se rétracter quelques heures plus tard. Des transactions estimées à plusieurs millions de dollars avaient eu lieu entretemps.
Dans sa résolution, consultée par l'AFP, un juge fédéral a prononcé le non-lieu, suivant la réquisition du parquet pour qui "les faits dénoncés ne correspondent à aucune qualification pénale". En février 2025, Javier Milei, notoirement hyperactif sur les réseaux sociaux, avait sur X brièvement relayé "pas promu, mais diffusé". Avant d'effacer son message.
Entretemps, la monnaie avait bondi puis s'était effondrée, provoquant des pertes pour plus de 114. 000 portefeuilles virtuels, jusqu'à 100. 000 dollars pour certains, tandis qu'une poignée gagnait plus d'un million chacun, selon les travaux d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet.
La commission avait, en vain, tenté d'obtenir que le président et sa soeur, secrétaire générale de la présidence, soient entendus par le Parlement. "Qui me dédommage ? ", demande Milei Des plaintes avaient été déposées par des organismes et individus, visant notamment Javier Milei, sa soeur, et des acteurs du projet $libra, certains aux Etats-Unis.
Elles avaient été centralisées par un juge et un procureur, chargés de l'enquête. La polémique avait considérablement fragilisé Javier Milei, à quelques mois de législatives de mi-mandat très incertaines en octobre 2025, qu'il a finalement remportées. Le non-lieu du juge Marcelo Martínez de Giorgi vaut aussi pour neuf autres personnes parmi lesquelles l'Américain Hayden Davis l'un des impulseurs de la $libra, et un lobbyiste crypto argentin, sans qu'aucun d'eux n'ait fait l'objet d'une audition.
S'agissant de Javier Milei, le juge a suivi le parquet en rejetant l'hypothèse de "négociations incompatibles avec l'exercice de fonctions publiques" en lien avec le lancement de cette crypto. Car, argumente-t-il, "il n'a pas été constaté qu'il soit intervenu, dans l'exercice de ses fonctions officielles, dans un contrat administratif ou une autre opération de nature économique". S'agissant de Karina Milei, qui avait été en contact avec des entrepreneurs crypto, les rapprochant de la présidence, il a écarté l'hypothèse de trafic d'influence, car "faciliter un contact ou contribuer à l'organisation d'une rencontre ne revient pas, en soi, à vendre son influence".
Javier Milei, qui se qualifie de "techno-optimiste fanatique", s'était toujours défendu d'avoir eu un intérêt dans la $libra. Il avait expliqué avoir voulu donner de la visibilité à un projet susceptible de financer des PME argentines de la tech. Puis s'être rétracté, réalisant n'être "pas au courant des détails du projet".
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- BFM Business26 oct., 10:46
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