Députés et sénateurs s’accordent sur une hausse de 36 milliards d’euros du budget des armées d’ici 2030, vote final le 1er juillet
Les députés et sénateurs ont trouvé un compromis sur la loi de programmation militaire, qui prévoit un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros d’ici 2030, avec une montée en puissance accélérée des dépenses.
Les parlementaires ont trouvé mardi un compromis sur l'effort supplémentaire consacré aux armées, 36 milliards de plus d'ici 2030, une enveloppe jugée insuffisante par la droite sénatoriale, qui a toutefois obtenu le principe d'un effort budgétaire plus rapide que dans la trajectoire initiale. Sept députés et sept sénateurs se sont accordés en commission mixte paritaire (CMP) sur une version commune de ce texte gouvernemental, actualisant la dernière loi de programmation militaire de 2023, selon plusieurs sources parlementaires. Leur mouture devra encore être adoptée le 30 juin au Sénat, puis le lendemain à l'Assemblée, Emmanuel Macron espérant la promulguer symboliquement avant le 14 juillet.
La trajectoire sur laquelle se sont accordés députés et sénateurs mardi prévoit, comme dans le texte initial, 436 milliards d'euros d'ici 2030, pour atteindre un budget militaire annuel de 76,3 milliards, soit 2,5% du PIB. Une enveloppe validée à l'Assemblée, mais rejetée à la chambre haute. La droite sénatoriale, qui réclamait une manne supplémentaire de 14 milliards d'euros pour faire face aux crises potentielles, avait décidé de supprimer l'article pour marquer son opposition, laissant virtuellement le texte sans trajectoire d'investissement.
Et la ministre des Armées Catherine Vautrin a ensuite tenté de trouver un compromis auprès des parlementaires. Celui trouvé mardi prévoit d'accélérer l'effort, à enveloppe constante. En clair, une partie des dépenses prévues en 2029 et 2030 seraient avancées à 2028, représentant environ «1,2 milliard d'euros», selon le rapporteur au Sénat, Cédric Perrin (LR), à la manoeuvre.
Un compromis qui «reporte le problème à plus tard», a regretté le sénateur, qui estime toujours qu'il faut aller au-delà des 436 milliards. «Il faudra faire plus et plus vite» Les sénateurs revendiquent aussi avoir obtenu en CMP des mécanismes de compensation aux armées sur d'éventuels «surcoûts liés aux opérations extérieures» par exemple, ou au «remplacement des équipements et matériels perdus dans le cadre d'une mission opérationnelle». «Il faudra faire plus et plus vite, mais ça suppose un soutien national post-présidentielle», juge son homologue à l'Assemblée Jean-Louis Thiériot.
Non contraignante sur le papier, la «LPM» doit encore être validée annuellement lors des discussions budgétaires au Parlement, et une partie importante des choix d'investissements incombera donc au gouvernement installé après la présidentielle, qui pourrait lancer sa propre loi de programmation. «C'est une LPM de transition, pas à la hauteur, qui ne compte que pour les quelques mois qui viennent», a réagi mardi le député RN Laurent Jacobelli. Les parlementaires RN se sont d'ailleurs abstenus en CMP, échaudés notamment par une formulation sur les possibles partenariats européens pour développer un avion du futur, qui a causé plusieurs suspensions de séance.
Anna Pic (PS), a confirmé que son groupe devrait voter pour un «ajustement budgétaire nécessaire» pour les armées, malgré des inquiétudes sur les leviers qui permettront de financer les efforts consentis. Les Insoumis, qui estiment que le texte ne répond pas sur le fond aux besoins d'un nouveau modèle d'armée, voteront contre, a confirmé Aurélien Saintoul, soulignant aussi que l'essentiel des efforts seront conditionnés par la prochaine présidentielle.