"La décision de Moody's tempère un peu les inquiétudes": l’écart entre les taux français et allemand enregistre son plus fort repli depuis 2020
Le baromètre de la confiance des investisseurs dans la dette de la France a reculé de 0,14 point de pourcentage ce lundi, à 1,54 point, après le maintien de la note de la France par l'agence Moody's vendredi. L'écart…
L'écart entre les taux d'emprunt français et allemand à dix ans, baromètre de la confiance des investisseurs dans la dette de la France, a enregistré lundi sa plus forte baisse en une séance depuis mars 2020, après le maintien de la note du pays par l'agence Moody's. Cet écart entre les taux d'emprunt français et allemand à dix ans, qui mesure le supplément exigé par les investisseurs pour prêter à la France plutôt qu'à l'Allemagne, considérée comme l'emprunteur le plus sûr de la zone euro, a reculé d'environ 0,14 point de pourcentage, à 1,54 point, selon des données Bloomberg. Il avait atteint la semaine dernière 1,74 point en clôture, et jusqu'à 1,78 point en cours de séance, son plus haut niveau depuis 2011.
"La décision de Moody's tempère un peu les inquiétudes sur le budget français et le coût de financement" a commenté Guillaume Chaloin, directeur des gestions actions chez Delubac AM. Le taux d'emprunt français à dix ans est repassé sous la barre symbolique des 5 %, à 4,90 %, contre 5,02 % vendredi. Il avait dépassé ce seuil la semaine dernière pour la première fois depuis 2002.
Le taux allemand de même échéance est resté quasiment stable, à 3,37 %. Moody's croit en une amélioration de la situation L'agence Moody's a maintenu vendredi soir la note de la France à Aa3, une évaluation de la capacité du pays à rembourser sa dette, alors qu'un abaissement était largement attendu. Elle a toutefois conservé une perspective négative, qui laisse planer la menace d'une dégradation.
Moody's explique que sa notation Aa3, qui caractérise une dette "de bonne qualité", "part de l'hypothèse qu'un budget 2027 réduisant le déficit public sera adopté, tandis que (... ) les tensions sociales se modéreront quelque peu dans les prochains mois". Ses concurrentes Fitch et S&P, elles, classent depuis plusieurs mois la France en A+ (dette de qualité moyenne supérieure).
Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a estimé dans un communiqué que la décision de Moody's était notamment "un appel à la responsabilité par l'adoption (... ) d'un budget réduisant notre déficit à 5 % du PIB". Moody's le voit plutôt à 5,2 %, après 5,4 % cette année, en raison d'une croissance du PIB "légèrement plus faible que les projections du gouvernement", qui prévoit pour sa part 1 %.
La mansuétude de l'agence n'était pas du tout attendue par les économistes qui anticipaient son alignement sur Fitch et S&P. "La décision de Moody's est pour le moins difficile à comprendre", a commenté Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, "et on finit presque par se demander ce qu'il lui faut pour dégrader la France". "Une notation souveraine doit refléter la qualité de crédit d'un emprunteur, pas lui accorder indéfiniment le bénéfice du doute", au risque de devoir ensuite procéder à "une dégradation brutale", poursuivait-il.
Pourquoi « Vérifié »
2 rédactions indépendantes rapportent cette information. BFM Business l’a publiée en premier, 26 min avant la dernière.
- BFM Business26 oct., 19:47
- Le Figaro26 oct., 20:13
- BFM Business : 0,14 points, 1,54 points · Le Figaro : 0,14 points
Souvent une date ou un périmètre différent : ouvrez les dépêches pour comparer.
| Éditeur BFM Business (niveau établi) | +76 |
| Chiffres vérifiables cités | +3 |
