Epargne : Les Français continuent de vider leur Livret A
Les épargnants ont continué de dégarnir leurs Livrets A en mai, avec un encours en recul de 630 millions d’euros, a annoncé mercredi la Caisse des dépôts (CDC)
Les Français puisent dans leurs économies. Les épargnants ont continué de dégarnir leurs Livrets A en mai, avec un encours en recul de 630 millions d’euros, a annoncé mercredi la Caisse des dépôts (CDC), à quelques semaines d’une probable remontée du taux d’intérêt, qui est à 1,5 % depuis février. Pour le cinquième mois consécutif, les Français ont plus pioché dans les produits d’épargne réglementée qu’ils n’y ont déposé d’argent.
Une « décollecte » inédite depuis mai 2009. La somme totale déposée sur les quelque 58 millions de Livrets A, un montant global de 444,6 milliards d’euros, reste cependant importante après plusieurs années où les taux étaient remontés. Les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS), au taux identique à celui du Livret A, ont vu en mai les retraits dépasser les dépôts de 140 millions d’euros.
L’encours à fin mai était de 164,9 milliards d’euros. L’encours total sur les deux produits atteint 609,5 milliards d’euros à fin mai 2026. Les LEP aussi touchés Malgré un taux de rémunération de 2,5 % meilleur que celui du Livret A, il y a eu quasiment autant de retraits que de dépôts sur les Livrets d’épargne populaire (LEP), accessibles sous conditions de ressources.
L’encours recule de 30 millions d’euros à 83,6 milliards à fin mai 2026, sur un mois. Ces retraits sur les livrets d’épargne réglementée n’impliquent pas que les Français arrêtent d’épargner. Les dépôts sur les contrats d’assurance vie, aux taux plus attractifs, ont bondi depuis le début de l’année et les cotisations (équivalent des dépôts) ont ainsi atteint un record en avril à 17,6 milliards d’euros, selon France Assureurs.
Sur la première moitié de 2026, le rendement net du Livret A une fois l’inflation déduite reste positif. Mais pour la deuxième moitié de l’année, cela dépendra de la décision mi-juillet du ministre de l’Economie, Roland Lescure, et du nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, de relever ce taux, en tenant compte de celui de l’inflation. L’inflation en France s’est établie à 2,4 % sur un an en mai, la hausse des prix s’étant accélérée en raison de la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient.