« C’est une véritable force destructrice » : pourquoi le phénomène de « super El Niño » en 2026 dans le Pacifique pourrait aggraver l’inflation en Europe
Alors qu’un El Niño d’ampleur inédite s’abat sur le globe, le prix de certaines matières premières comme le riz ou le café risque de grimper, sans compter les possibles perturbations du transport maritime.
Un monstre climatique s’abat sur la planète cet hiver. El Niño est de retour et pourrait devenir le plus puissant jamais vu depuis 1950. Ce phénomène naturel, qui a lieu tous les deux à sept ans, se traduit par un réchauffement des eaux du Pacifique, avec un pic entre novembre et janvier. Ces températures perturbent l’atmosphère, modifie les vents, redistribue la chaleur à travers le globe, et bouleverse les précipitations, provoquant inondations par endroits, sécheresses ailleurs.
« Un El Niño est détecté généralement à partir de 0,5 °C de hausse des températures par rapport à la moyenne, décrypte Christelle Castet, climatologue et directrice scientifique d’Axa Climate. En septembre, les niveaux étaient déjà de + 2,5 °C ». Ce mois d’octobre, l’organisation météorologique mondiale prévoit que ces températures dépasseront la moyenne de 3,8 °C entre novembre et janvier. Un « Godzilla EL Niño » comme certains le surnomment déjà, qui aura des impacts directs sur les populations de pays en développement les plus touchés, mais aussi très probablement sur l’inflation jusqu’en Europe.
La Nasa a ainsi déjà commencé à observer un changement de couleur de l’océan, preuve que la quantité de phytoplancton, à la base de nombreuses chaînes alimentaires diminue. Alors qu’El Niño touche principalement les pays tropicaux, l’Amérique du Sud, du Nord et l’Asie pacifique, les alertes se multiplient. Ce mercredi 21 octobre, le chef des opérations humanitaires de l’ONU a tiré la sonnette d’alarme à Genève : « Cet épisode El Niño est un phénomène colossal. C’est une véritable force destructrice (…). Il va frapper de plein fouet l’Amérique latine, l’Afrique orientale et australe, l’Asie ainsi que la région du Pacifique, en y provoquant des chaleurs extrêmes, des sécheresses et des inondations. »
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« Une menace mondiale d’une telle ampleur exige une mobilisation totale et une réponse coordonnée à l’échelle internationale », a-t-il poursuivi en appelant à la mobilisation des pays, des banques de développement et des institutions financières internationale pour débloquer des fonds avant que les dommages ne surviennent. Au Pérou, la présidente Keiko Fujimori a déjà appelé la semaine dernière les habitants des zones à risques à évacuer face au risque imminent de pluies torrentielles et de coulées de boue ; 800 municipalités ont déjà été déclarées en état d’urgence dans le pays.
À l’autre bout du globe, l’Asie craint la sécheresse qui s’abat déjà sur la région et ses conséquences sur l’alimentation. En Inde, la mousson qui fournit 70 % des pluies annuelles s’est achevée 13 % en dessous des niveaux normaux, au plus bas sur ces dix dernières années, rapporte The Economist. En Indonésie, le pays affronte une sécheresse et sans doute ses pires incendies depuis 11 ans d’après les données satellitaires. En se rajoutant aux effets du changement climatique, cet El Niño va engendrer une surmortalité dans les régions les plus touchées par les catastrophes naturelles ou la baisse des rendements agricoles.
