Hôtel Le Mirage à Bormes-les-Mimosas : l’adresse confidentielle change de dimension et s’offre 38 nouvelles clés
Perché entre mer et massif des Maures, ce quatre-étoiles longtemps confidentiel s’offre 38 clés supplémentaires, une table fusion inédite et un spa conçu avec la maison Codage. Derrière ce pari, un jeune entrepreneur, Ju

C’est peut-être le secret le mieux gardé de la carte postale varoise. Perché sur les hauteurs de Bormes-les-Mimosas, l’hôtel Le Mirage embrasse la vue spectaculaire de la Méditerranée et du massif des Maures depuis un jardin suspendu entre ciel et terre.
Pour l’été 2026, ce havre jusque-là confidentiel s’offre une nouvelle destinée et révèle le charme de ce village classé parmi les plus beaux de France.
L’hôtel d’auteur qui manquait à la carte postale
Il faut d’abord planter le décor humain. En 2020, un jeune entrepreneur du nom de Jules Brenier tombe sous le charme de Bormes-les-Mimosas et rachète cette institution de 35 chambres pour lui offrir une seconde vie. Sans grande expérience hôtelière préalable mais avec une idée précise de l’adresse qu’il veut créer, il impose d’emblée une vision contemporaine, loin des codes attendus de la Côte d’Azur. Six ans plus tard, après 18 mois de travaux et un investissement qu’il a porté avec la même intuition que le premier jour, l’établissement inaugure de nouvelles ambitions à sa mesure : 38 clés supplémentaires réparties dans une végétation indigène, une seconde piscine au design graphique, une table intimiste et fusion, celle de Monsieur Yuzu, et un spa au parcours sensoriel inédit conçu avec la maison Codage.
Le tout signé du cabinet parisien Atelier du Pont, réputé pour ses architectures d’intérieur intimistes autant que pour ses projets à grande échelle, mais toujours au service du parti pris de ce jeune propriétaire. À rebours de l’esprit tropézien qui souffle à moins d’une demi-heure, ce quatre-étoiles contemporain s’inspire des codes du quiet luxury tout en cultivant la discrétion et la convivialité d’une maison particulière, celle que Jules Brenier a toujours voulu incarner.
À l’architecture typique des grandes villas du Var, avec ses balustres imposants, à quelques centaines de mètres du village médiéval, s’ajoutent désormais six villas tout en pierre, fondues dans un jardin méditerranéen qui surplombe la baie du Lavandou jusqu’à la pointe du Cap Bénat. En ligne de mire, la Méditerranée scintillante et les Îles d’Or. Chacune abrite de 4 à 8 clés, dont deux suites signature disposant de leur propre bassin. D’une trentaine de mètres carrés, toutes privilégient des espaces décloisonnés, baignés de lumière naturelle et prolongés d’une petite terrasse suspendue.
Matériaux naturels et camaïeux de beige composent un confort discret et estival qui s’efface devant les vues et l’extérieur luxuriant. Au total, 12 000 m² aménagés en restanques alternent espaces de repos, déambulations et terrain de pétanque, avec pour fil rouge de larges baies vitrées qui laissent entrer le soleil et la nature dans chaque pièce. La réception, elle, joue la carte du pavillon de verre et de son panorama à 360 degrés, avec un check-in qui s’adapte à l’humeur de chacun. « Doubler la capacité d’hébergement ne devait surtout pas rogner sur les espaces de vie, le calme et la sensation d’exclusivité qu’offre l’un des rares hôtels contemporains à cultiver un accueil presque familial », prévient Philippe Croisier, architecte et cofondateur d’Atelier du Pont.
S’agrandir, c’était aussi faire le vœu d’une végétation plus généreuse, avec des cloisons naturelles, des recoins où s’isoler ou jouer. Le paysagiste Sylvain Bastide, formé à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, a d’abord choisi le point de vue de chaque chambre et de sa terrasse pour imaginer un jardin préservant l’intimité et la connexion au végétal, sans vis-à-vis. « Il m’a semblé que c’était la première chose que l’on venait chercher dans ce Var encore arboré, et à fortiori dans cette adresse perchée entre mer et montagne : la profondeur de champ, la beauté et le bon sens d’une végétation endémique », confie-t-il.
Pins d’Alep, oliviers sauvages, chênes-lièges et cyprès composent le tableau, complétés d’une cinquantaine de variétés d’arbustes (pistachiers, lentisques, myrtes, filaires) qui nourrissent cette composition exotique naturellement protégée du Mistral. Jarres d’Anduze, jasmins, romarins rampants et camaïeux de violets soulignent les abords de la piscine, tandis qu’un carré aromatique fournit les herbes nécessaires aux créations du chef et du chef barman. « Au-delà de l’embellissement, chaque essence a ici une fonction », souligne Sylvain Bastide. Même écoute pendant le séjour, où le personnel joue les concierges en partageant criques secrètes et domaines viticoles, quand les enfants, accueillis en famille grâce à huit paires de chambres communicantes, trouvent ici des alliés pour alterner virées en bateau et jeux à l’hôtel. « J’aime à penser que l’un des luxes les plus précieux que l’on puisse offrir aujourd’hui, c’est l’attention portée à l’autre. Et cela demande davantage d’écoute et d’empathie que des standards de service et de confort », résume Jules Brenier, formé à l’école hôtelière Glion, en Suisse.
Le Balcon, une bistronomie qui joue avec les textures
Pour les envies plus spontanées, du petit-déjeuner au dîner, Le Balcon adopte une bistronomie contemporaine où les jeux de textures surprennent : tomate mozza confite puis réhydratée en crumble, coiffée d’une émulsion fumée de burrata, tiramisu réalisé à partir d’une pâte à croissant caramélisée, ou encore de généreux poke bowls maison. Au bord de la piscine, le Club Sandwich se déguste façon lobster roll, ultra-frais, tandis que le dessert au chocolat mise sur un grué de cacao, une crème crue et des pépites soufflées. Autre incontournable déjà annoncé par les habitués : le tour de France des fromages.
L’hôtel María Cristina, reine discrète d’une ville déjà étoilée
Chef barman et mixologue de l’établissement, Benjamin Martinet participe largement à l’une des originalités de l’adresse : une carte de pairing cocktails travaillée à partir de produits frais et de saison, le plus souvent accompagnée d’une bouchée pensée sur le même thème. Six créations signature sont proposées au Balcon, six autres pour Monsieur Yuzu, à l’image de ce Fat Washed à base de whisky japonais infusé pendant huit heures, filtré puis accompagné d’une liqueur de Sakura et d’une huile de sésame maison, pensé pour twister une tranche de bœuf de Kobé juste saisie. Autodidacte passé par le Parfum, à Montpellier, l’un des meilleurs bars à cocktails au monde, Benjamin Martinet a bâti sa réputation sur une sélection pointue de spiritueux et de liqueurs, entre patrimoine local et découvertes lointaines. Un travail au long cours qui lui a valu la confiance des amateurs les plus exigeants, et une créativité qui sert avant tout de prétexte à l’échange, pour que chacun puisse (re) découvrir l’univers du cocktail sans jamais se sentir dépassé.
Maison Roland, le bistrot caché du Shangri-La Paris
Chez Joe, l’adresse que l’on ne raconte qu’une fois
Fidèle à son rôle de concierge, Jules Brenier n’hésite jamais à envoyer ses hôtes hors les murs, quand une adresse mérite le détour. Sur la plage, à quelques minutes de route, Chez Joe fait figure d’institution : ce restaurant bâti sur pilotis, les pieds presque dans l’eau, sert depuis des décennies ses fameuses pâtes aux langoustes, plat culte que l’on vient chercher là autant que pour la vue imprenable sur la baie. Rien à voir avec le raffinement de Monsieur Yuzu ou la précision du Balcon : ici, on mange les mains dans le plat, au bruit des vagues sous le plancher. Une adresse sans chichi, généreuse et directe, qui résume à elle seule cet art de vivre bormois que Le Mirage aime tant partager.
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Il aura fallu trois ans de conception pour imaginer ce sanctuaire indoor-outdoor de 500 m², ouvert sur les jardins et baigné de lumière naturelle, dans une ambiance minérale de terre cuite, de bois blond et de terracotta. La zone humide fait face à la nature avec ses bassins chaud et froid, son sauna finlandais à 80 degrés et son hammam, pensés pour la détox, la récupération musculaire et la circulation sanguine. Le choix de la maison Codage, fondée par la fratrie niçoise Amandine et Julien Azencott, issus de la médecine et de la pharmacopée, s’est imposé naturellement : des rituels sur mesure ont été travaillés en exclusivité pour Le Mirage, du drainage à l’effet reset corps et visage, et Codage s’est associé à Hydrafacial pour un protocole combiné inédit. Un espace fitness équipé de machines en bois massif Waterrower fait face au jardin, tandis que morning yoga et réveil musculaire rythment les week-ends prolongés, du jeudi au dimanche.
Derrière chaque détail de cette renaissance, un jeune entrepreneur qui a préféré parier sur son instinct plutôt que sur une carrière toute tracée. Bormes-les-Mimosas n’a jamais eu besoin d’illusions pour séduire. Au Mirage, le rêve porté par Jules Brenier, lui, est bien réel.
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