Après les incendies de l’été, faut-il encore investir dans une forêt ? Rendement, fiscalité, risques… ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Diversifiés et peu présents au sud, les groupements forestiers d’investissement n’ont pas subi de sinistre majeur cet été. Ils offrent un rendement bas mais continu, tout en défiscalisant.
Quarante-deux mille hectares en Gironde, 11 000 en Paca et en Occitanie… Le feu n’a pas épargné la forêt française cet été. Parmi ces espaces boisés partis en fumée, une majorité relevait du domaine privé. Et potentiellement de groupements forestiers d’investissement (GFI) auxquels peuvent souscrire des particuliers dans l’espoir d’en tirer bénéfice. « Nous avons été touchés sur 2 hectares sur 1 500 que nous avons sous gérance partout en France, l’impact est donc insignifiant », détaille Jean-Marie Souclier, président de Sogenial Immobilier.
« Comme en matière financière, c’est dans la diversification des actifs détenus que l’on sécurise son investissement. Chez nous, huit à douze forêts composent un GFI », ajoute Jean-Philippe Martin, directeur général de Fiducial Gérance. Une société qui, par souci de sécurité, ne dispose d’aucun massif au sud de la Loire. Une stratégie similaire à celle adoptée par France Valley, dont l’un des GFI comprend 203 forêts dans 48 départements français.
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Pour l’investisseur, vérifier que les forêts soient, comme chez les acteurs interrogés, assurées contre les tempêtes et les incendies offre une garantie complémentaire. « Même en cas de feu, tout n’est pas perdu. Une partie du bois reste valorisable », promet même Jean-Philippe Martin.
Côté rendement, afin de permettre aux souscripteurs d’objectiver leur choix, les professionnels se sont dotés d’un indice, l’IEIF Asffor Fonds Forestiers France. Il présente une performance de 180 % depuis sa création en 1997 et de 32,65 % sur cinq ans. « Si l’on présente parfois le GFI comme la SCPI de la forêt, il ne faut cependant pas attendre de loyer, précise Bertrand Croquelois, de France Valley. Le rendement annuel est compris entre 0,5 et 1,5 %. L’investissement forestier s’envisage comme un placement de long terme lié à la vente de bois qui fait augmenter la valeur des parts. Et il faut laisser à la forêt le temps de pousser. »
À cet éventuel bénéfice tiré de la cession de ses parts peut s’ajouter une économie d’impôts réalisée à la souscription, puisque la possession, pendant six ans au moins, de parts dans un GFI ouvre droit à 18 % de déduction du montant initial d’investissement. En outre, la loi Monichon permet d’exonérer 75 % de la valeur des bois, forêts ou parts de groupements forestiers lors d’une succession ou d’une donation.
