Les géants de la tech foncent sur Mistral: après un méga-accord avec Microsoft, Samsung serait prêt à mettre 1 milliard d'euros dans la bombe française de l'IA (valorisée 20 milliards d'euros)
Samsung pourrait investir jusqu'à un milliard d'euros dans Mistral, dont la valorisation pourrait atteindre 20 milliards d'euros, renforçant les ambitions du champion français de l'IA face aux géants américains et chinoi

Entre la Chine et les États-Unis, la France fait mieux que résister. La semaine dernière, dans la revue Le Grand Continent, des hauts fonctionnaires et des ingénieurs estimaient que l'Hexagone était le pays le mieux placé pour rattraper les géants... à condition d'y mettre le paquet sur le plan financier.
Le français Mistral est au cœur de toutes les attentions ces derniers jours. Ce mardi, Microsoft annonçait la signature d'un accord de "plusieurs milliards" de dollars avec le champion français de l'intelligence artificielle. Ce mercredi c'est un actionnaire de poids qui pourrait renforcer sa participation au sein de Mistral, et non des moindres puisqu'il s'agit de Samsung.
Le géant coréen pourrait devenir l'un des principaux soutiens financiers de Mistral, assure le Financial Times. Selon plusieurs sources proches du dossier, le géant sud-coréen est en discussions avancées pour participer à une nouvelle levée de fonds de la start-up française, à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros, voire jusqu'à un milliard d'euros. Ce tour de table, encore en négociation, pourrait valoriser Mistral autour de 20 milliards d'euros, confirmant son statut de start-up d'IA la plus valorisée d'Europe.
L'opération s'inscrit dans une levée de fonds beaucoup plus large, de plusieurs milliards d'euros, destinée à financer l'accélération du développement de Mistral. Samsung connaît déjà bien l'entreprise parisienne: son fonds de capital-risque figure parmi ses investisseurs historiques et les deux groupes avaient déjà évoqué, ces derniers mois, une coopération autour des mémoires destinées aux applications d'intelligence artificielle. Ni Samsung, ni Mistral, ni le fonds EQT, également cité parmi les investisseurs potentiels, n'ont souhaité commenter ces informations.
L'IA souveraine Le groupe coréen est un des grands gagnants de la frénésie qui entoure l'IA depuis quelques mois. La forte demande mondiale pour les puces mémoire avancées utilisées dans les centres de données d'IA est une manne pour les grands fabricants sud-coréens, qui enchaînent les profits record et stimulent la croissance économique de leur pays. Le bénéfice d'exploitation de Samsung Electronics a bondi de plus de 1.
800% sur un an au deuxième trimestre 2026, porté par le boom mondial de la demande de semi-conducteurs pour l'IA. Cette levée intervient alors que Mistral accélère fortement son expansion. En moins d'un an, l'entreprise a déjà levé près de 1,7 milliard d'euros, notamment auprès du néerlandais ASML, qui utilise ses modèles d'IA pour optimiser la fabrication de ses machines de production de semi-conducteurs.
Plus tôt cette année, la société avait également obtenu 830 millions de dollars afin de financer le déploiement de centres de données équipés de puces Nvidia à travers l'Europe. Son directeur général, Arthur Mensch, estime désormais que le chiffre d'affaires annuel récurrent de Mistral pourrait dépasser 1 milliard de dollars d'ici la fin de l'année grâce à la montée en puissance de son activité auprès des entreprises. Pour Mistral, cette opération intervient également dans un contexte géopolitique favorable.
Les restrictions imposées récemment par l'administration Trump sur l'exportation des modèles les plus avancés d'Anthropic ont renforcé l'intérêt des gouvernements et des grandes entreprises pour des solutions dites d'IA souveraine. Depuis sa création, la société française mise sur des modèles ouverts, personnalisables et pouvant être déployés directement chez les clients, sans dépendre d'une infrastructure contrôlée par un acteur américain. Cette approche séduit de plus en plus d'organisations européennes et asiatiques soucieuses de conserver la maîtrise de leurs données et de leurs outils d'intelligence artificielle.
Mistral doit toutefois composer avec une concurrence de plus en plus intense. Si les géants américains comme OpenAI, Anthropic ou Google dominent toujours le marché, les acteurs chinois progressent rapidement. Le récent lancement du modèle Kimi par Moonshot a notamment relancé l'intérêt mondial pour la Chine et leurs entreprises d'IA capables de proposer des systèmes très performants à moindre coût, susceptibles de réduire l'écart technologique avec les leaders occidentaux.