Un industriel au Panthéon ? Oui, mais pas n’importe lequel
C’est une idée soutenue par son petit-fils et une partie du patronat, président du Medef en tête. Faire entrer au Panthéon, un entrepreneur et en l’occurrence un industriel, André Citroën.
C’est une idée soutenue par son petit-fils et une partie du patronat, président du Medef en tête. Faire entrer au Panthéon, un entrepreneur et en l’occurrence un industriel, André Citroën. Sous la coupole des «grands hommes», on trouve en effet des militaires, des politiques, des scientifiques, des artistes, des résistants, des religieux... mais pas de chefs d’entreprise. Seule exception, un banquier suisse du XVIIIe siècle, Jean-Frédéric Perregaux, tombé dans l’oubli.
En revanche, André Citroën, ingénieur brillant, capitaine d’industrie, patron social, cela aurait de la gueule, estime le patronat qui aspire à une reconnaissance du rôle des dirigeants dans la réussite du pays. Pourquoi pas ? Car si le succès d’une entreprise repose sur l’implication de l’ensemble de ses parties prenantes, salariés en tête, il faut bien au départ qu’un entrepreneur ait pris le risque de confronter ses idées au réel. En revanche, il faut bien choisir son «client». Au XXe siècle, au rayon des industriels marquants, c’est compliqué : l’engagement politique de Marcel Dassault pourrait ne pas plaire à tous, Eugène Schueller, le fondateur de L’Oréal a financé le groupe révolutionnaire d’extrême droite la Cagoule, Louis Renault a eu quelques soucis à la Libération avec des usines mises au service de l’occupant, Marcel Bich, créateur de BIC, est baron et à moitié italien...
André Citroën est un industriel innovant, un brillant marketeur, un patron attentif aux conditions de travail, il a démocratisé la voiture, devenant, à la fin des années 1920, le deuxième constructeur mondial derrière Ford. Mais emporté par son ambition, il s’empêtre dans la dette et envoie sa société au tapis en 1934. C’est à la fois un visionnaire et un looser magnifique. Un échec qui le rend humain et qui peut faire consensus dans un pays qui n’aime pas beaucoup les grands patrons.
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- L'Usine Nouvelle25 oct., 11:00
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