Washington réautorise l’accès à Mythos, le puissant modèle IA d’Anthropic pour un groupe de partenaires américains
La remise en service ne bénéficiera pour l’instant qu’à un cercle restreint de «cyberdéfenseurs et opérateurs d’infrastructures» américains, dont Anthropic dit vouloir rétablir l’accès «aussi vite que possible».

Anthropic a annoncé vendredi avoir reçu l’autorisation du gouvernement américain pour remettre en service Mythos, son modèle d’intelligence artificielle le plus puissant, réputé capable de déceler des failles informatiques avec une acuité inédite mais bloqué par Washington au nom de la sécurité nationale. La remise en service ne bénéficiera pour l’instant qu’à un cercle restreint de «cyberdéfenseurs et opérateurs d’infrastructures» américains, dont Anthropic dit vouloir rétablir l’accès «aussi vite que possible». Les partenaires étrangers, notamment des agences de cybersécurité, restent privés d’accès à ce stade.
Le sort de Fable 5, une version de Mythos pour le grand public bridée sur la cybersécurité et les risques d’attaque biologique et chimique, reste lui aussi en suspens. Le jour où OpenAI lance GPT-5. 6 L’entreprise, qui a des relations orageuses avec l’administration Trump depuis des mois, affirme poursuivre les discussions avec le gouvernement pour «élargir l’accès à Mythos 5 et rendre de nouveau Fable 5 disponible» au grand public.
Le 12 juin, Washington avait brutalement contraint Anthropic à couper l’accès à ces deux modèles de pointe, invoquant la sécurité nationale après la détection de failles dans les garde-fous mis en place contre le détournement de l’outil. Ce retrait forcé d’un modèle de pointe par un gouvernement, une première, avait suscité une vague de critiques et d’interrogations dans le monde, ravivant le débat sur la dépendance technologique de nombreux pays envers les États-Unis. Ce rétablissement sous conditions intervient le jour même où le grand rival d’Anthropic, OpenAI, a lancé son nouveau modèle, GPT-5.
6, lui aussi en accès restreint et validé client par client par le gouvernement. Ces interventions de l’exécutif américain, dans un cadre légal encore flou et controversé, entérinent le tournant pris par l’administration Trump, jusqu’ici dominée par les opposants à toute régulation de l’IA, accusée d’être un frein à l’innovation en pleine compétition avec la Chine.