"Énergie, technologie, défense, finance": Édouard Philippe appelle l'UE à "concentrer ses moyens" sur ces secteurs pour bâtir une "souveraineté intégrale"
Dans un texte publié par la revue Le Grand Continent, Édouard Philippe esquisse un programme autour de l'idée d'une "souveraineté intégrale".

Le candidat à la présidentielle Édouard Philippe (Horizons) développe jeudi le principe d'une "souveraineté intégrale" qu'il entend porter au niveau européen, basée sur quatre piliers: la technologie, la défense, l'énergie et la finance. "Énergie, technologie, défense et finance forment désormais un système unique. Les centrales alimentent les centres de données.
Les centres de données entraînent les modèles d'intelligence artificielle. Les modèles pilotent les systèmes militaires. Les marchés financiers financent l'ensemble", écrit l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron dans un long texte publié dans la revue Grand Continent à l'occasion du 86e anniversaire de l'Appel du 18 juin du Général de Gaulle.
"Renoncer sur l'un de ces maillons, c'est fragiliser tous les autres", ajoute-t-il, promettant s'il était élu à l'Élysée en 2027 "d'adresser un message à tous les Européens: refusons le déclin et organisons-nous pour conserver notre liberté". "L'Europe doit sans délai concentrer ses moyens sur ces quatre politiques vitales ou elle sera défaite", prévient-il, "tous ses arbitrages budgétaires, réglementaires et industriels doivent désormais être lus à cette aune". L'ancien Premier ministre appelle à mettre "d'abord de l'ordre chez nous" et à "enfin mener les réformes que beaucoup d'États européens ont conduites depuis plusieurs décennies".
En particulier, la limitation du déficit public à l'équivalent de 3% du produit intérieur brut, alors qu'il a augmenté depuis la crise du Covid en 2020 et a atteint 5,1% en 2025, et la "réorientation de la dépense vers l'école, la recherche, la défense, la justice et la sécurité". Des capacités de calcul souveraines Concernant la tech, il défend l'instauration d'un "Buy European Tech Act", prônant "une part majoritaire de solutions européennes dans les commandes publiques critiques". Il souhaite également "des capacités de calcul souveraines accessibles aux entreprises et laboratoires européens" ou encore "l'émergence d'au moins un champion européen de rang mondial dans les semi-conducteurs avancés".
"Sur l'énergie, la France proposera un pacte européen d'abondance décarbonée", en s'appuyant sur "la croissance du parc nucléaire au niveau européen". Concernant la défense, il envisage en priorité de proposer à l'Europe "d'étendre la préférence européenne dans les achats d'équipements". "Le 18 juin 1940, le Général de Gaulle appelait la France libre à résister à la défaite.
Le défi des Européens d'aujourd'hui est de résister à la résignation", affirme M. Philippe. "La France ne demande pas aux autres ce qu'elle refuse de faire pour elle-même.
J'assumerai face à nos alliés que nous serons plus utiles en étant plus forts. J'affirmerai face à nos adversaires qu'ils devront compter avec l'Europe et apprendre à la respecter. Parce que nous autres, Européens, avons bien l'intention de rester libres", conclut-il.
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