Des slips à 20 euros et une entrée en bourse prometteuse : les secrets du Slip français pour s’imposer sur le marché serré des sous-vêtements
Le Slip français réussit son entrée en Bourse en levant 5 millions d’euros pour financer sa croissance, avec l’ambition de défendre un made in France face à Shein et Temu.

Cocorico ! La marque de sous-vêtements Le Slip français, chantre du made in France, a levé mardi 5 millions d’euros d’argent frais pour son premier jour de cotation à la Bourse de Paris, une opération singulière dans une industrie textile chamboulée par les plateformes asiatiques. Le prix de son action, initialement fixé à 14,80 euros, a nettement grimpé dans les premiers échanges, atteignant un maximum de 15,90 euros, avant de perdre son élan. Vers 10H30, le titre était revenu à sa valeur initiale.
La société avait annoncé fin juin son projet de cotation à la Bourse de Paris, sur le segment Euronext Growth, dédié aux petites et moyenne entreprises. Elle disait espérer « embarquer » ses concitoyens pour « réinventer avec panache l’industrie textile ». Cette cotation lui permet de lever au total « 13 millions d’euros », auprès de « 7.250 actionnaires particuliers », avait-elle annoncé jeudi dernier, se félicitant d’une opération « sursouscrite à hauteur de 1,15 fois », c’est-à-dire avec plus de demande que d’offre.
Mais dans cette somme, seulement « 5 millions d’euros » viennent augmenter le capital de l’entreprise. Le reste est en effet composé de titres vendus par des actionnaires historiques, à hauteur de 8 millions d’euros, selon la société. Malgré une communication bien huilée - Le Slip français a délibérément choisi la date emblématique du 14 juillet pour se lancer -, l’opération n’en reste pas moins modeste, sous la moyenne de 29 millions d’euros des introductions en Bourse sur Euronext Growth.
A l’heure où les plateformes asiatiques comme Shein et Temu sont accusées de concurrence déloyale avec leurs produits à très bas coûts, la marque dit vouloir « montrer par l’exemple que le made in France est performant et compétitif », selon les mots de Guillaume Gibault, son PDG, cité dans un communiqué. Cette levée de fonds permettra « d’accélérer notre stratégie de développement », en « renforçant notre marque sur son marché historique », « d’accroître nos capacités de production » et « déployer notre offre de fabrication (…) pour des marques tierces », a-t-il énuméré.
Fondée en 2011, la PME a enregistré l’an dernier un bénéfice net de 0,7 million d’euros et un chiffre d’affaires de 21,1 millions d’euros, forte d’un virage stratégique opéré en 2023, après des années post-Covid difficiles. Elle a fermé ses boutiques - elle n’en compte plus que deux sur une vingtaine - et réduit le prix moyen de ses produits, de 40 euros à 20 euros.