Mauvaise nouvelle pour la dette publique, le taux d’emprunt de la France au plus haut depuis 2009
Ce jeudi matin, les taux auxquels la France emprunte sur dix ans ont dépassé le seuil de 4 % pour la première fois depuis juin 2009
C’est un seuil symbolique qui vient d’être atteint. Ce jeudi matin, les taux auxquels la France emprunte sur dix ans ont dépassé le seuil de 4 % pour la première fois depuis juin 2009. Ce niveau pose la question du coût des intérêts de la dette publique de la France, qui se situe au niveau record de 117 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, à plus de 3.
500 milliards d’euros. Pour comparaison, le taux allemand à dix ans atteint également des sommets, le plus haut depuis 2011, avec 3,20 %. Ces taux à 10 ans correspondent au rendement qu’exigeront à partir de ce jeudi les investisseurs français et étrangers pour prêter à la France et à l’Allemagne pendant une décennie.
Plus ce taux est élevé, plus la facture de la charge de la dette augmente pour les finances publiques. Tensions inflationnistes liées à l’énergie « Ce mouvement reflète à la fois les tensions inflationnistes liées à l’énergie, les anticipations de politique monétaire européenne et une prime de risque politique et budgétaire propre à la France », a expliqué l’analyste John Plassard, de Cité Gestion. « La France ne refinance heureusement pas l’intégralité de sa dette chaque année, ce qui signifie qu’un passage de l’OAT (obligations assimilables au Trésor) à 4 % » n’aura « pas d’effet instantané sur la totalité de la charge d’intérêts », a-t-il précisé.
En outre, quelque 56 % des créanciers de la dette de la France étaient « non-résidents » fiscaux fin 2025, contre 50,1 % en décembre 2022, selon l’Agence France-Trésor, service de Bercy qui émet les obligations françaises. Côté créanciers français, les compagnies d’assurance (9,6 %), les banques (10,5 %), les organismes de placement collectif (OPCVM, 1,8 %) et une nébuleuse d'« autres créanciers » (22,2 %) complètent le tableau des détenteurs des plus de 3. 500 milliards d’euros de dette publique française à la fin du premier trimestre 2026.