La biotech Bionyra lève 140 millions d’euros pour inventer les traitements de demain contre les maladies inflammatoires
La société française ambitionne de traiter la dermatite atopique ou la maladie de Crohn.

Abivax n’est pas la seule biotech française à s’atteler au traitement des maladies inflammatoires de l’intestin que sont la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique. La jeune biotech Bionyra, cofondée en septembre dernier par Frédéric Marrache, un ancien cadre des équipes de recherche de Sanofi associé au fond de capital-risque spécialisé dans la santé Sofinnova, vient de lever 140 millions d’euros. Objectif : développer de nouveaux médicaments contre les maladies inflammatoires d’origine immunitaire telles que la dermatite atopique ou la maladie de Crohn.
Sofinnova et le fonds européen spécialisé dans la santé Jeito ont codirigé ce tour de table, aux côtés de Sanofi Ventures, Arkin Bio ou Appolo Health Ventures. Il existe certes déjà des traitements contre la dermatite atopique - le Dupixent, le médicament le plus vendu de Sanofi, en est un - ou les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, mais ces traitements sont encore imparfaits. «Le taux de réponse des molécules ne dépasse pas 50%, rappelle Frédéric Marrache.
S’ils sont efficaces pour certains patients, il y en a encore beaucoup pour qui aucun ne fonctionne. Il y a clairement un besoin à satisfaire. » Bionyra a dès lors sélectionné auprès d’autres biotechs trois thérapies biologiques innovantes, que les fonds levés permettront de développer.
Une fois une ou plusieurs cibles biologiques pertinentes identifiées, tout l’enjeu est de parvenir à sourcer les molécules les plus compétitives. «Il y a une accélération de la découverte de nouvelles molécules, souligne le cofondateur. Il y a une accélération technologique liée aux progrès de l’intelligence artificielle.
L’essor de la recherche chinoise offre aussi de nouvelles opportunités. Il est dès lors possible de sélectionner les meilleures molécules, potentiellement d’en combiner plusieurs et d’accélérer leur développement. » Bionyra a sourcé ses propres molécules grâce au réseau de Sofinnova.
Elle a conclu des accords de licence avec deux biotechs, la chinoise TrueLab Biopharmaceutical et l’américaine NovaRock Biotherapeutics. Car si la biotech a des racines françaises, du fait de la nationalité de ses cofondateurs, elle ambitionne d’être «une entreprise globale». Moins d’un an après sa création, elle dispose déjà d’une filiale aux États-Unis, le plus grand marché au monde pour le secteur pharmaceutique.
Les traitements de Bionyra ne seront pas commercialisés avant plusieurs années. Dans le domaine des maladies immunologiques, il faut en effet six à huit ans pour mettre sur le marché un nouveau médicament. La biotech devrait cependant disposer de données cliniques importantes dès 2028, qui permettront de savoir si les molécules choisies tiennent bien leurs promesses.