Le yen continue de chuter face au dollar avec les écarts de trajectoires monétaires

Le yen poursuit sa chute mardi, après avoir touché la veille son plus bas niveau depuis 40 ans face au dollar, toujours miné par des scénarios de politiques monétaires divergents entre les États-Unis et le Japon. La monnaie nippone s'est initialement affaiblie «alors que les spéculations s'intensifient quant à la possibilité que la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, s'oppose à de nouvelles hausses des taux d'intérêt de la Banque du Japon», écrit Steven Dooley, analyste chez Convera. La BoJ a certes relevé en juin son taux directeur à 1%, au plus haut depuis trois décennies, mais l'institution reste prudente sur la poursuite de son resserrement monétaire.
À l’inverse, le dollar a été tiré par l'évocation d'une hausse de taux d'intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed) d'ici à la fin de l'année face à l'accélération de l'inflation aux États-Unis. C'est «un revirement radical par rapport à la situation d'il y a quelques mois», note auprès de l'AFP Jack Ablin, directeur des stratégies d'investissement chez Cresset. Dans ce contexte, vers 19H20 GMT (21H20 à Paris), la monnaie nippone cédait 0,39% à 162,58 yens pour un dollar.
Face à ces niveaux, «les responsables japonais ont réaffirmé leur volonté d'intervenir si nécessaire», explique Marc Chandler, analyste chez Bannockburn Capital Markets. Tokyo peut en effet puiser dans ses énormes réserves de liquidités en devises étrangères, notamment en titres du Trésor américain, pour acheter des yens afin de défendre sa devise. «La Banque du Japon a vendu environ 70 milliards de dollars fin avril/début mai, lorsque la paire yen/dollar commençait à s'échanger au-dessus de 160», et le seuil de 162 yens pour un dollar est une autre «ligne rouge», affirme Chris Turner d'ING.
Mais le pays «pourrait préférer attendre vendredi, lorsque les conditions de marché seront amoindries par le jour férié américain, avant d'intervenir», indique l'analyste. D'ici là, les cambistes auront pu réagir à des déclarations de Kevin Warsh attendues mercredi à l'occasion du forum des banquiers centraux, et au rapport sur l'emploi américain jeudi.