DIRECT. "La prochaine catastrophe, ce sera la catastrophe financière et on y va tout droit": Bruno Retailleau lance une alerte aux Rencontres économiques d'Aix
Les 26e Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, rendez-vous annuel réunissant le gratin du domaine, se tiennent du 2 au 4 juillet. Une édition marquée par un programme très politique, à quelques mois de la prochaine él

Les 26e Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, rendez-vous annuel réunissant le gratin du domaine, se tiennent du 2 au 4 juillet. Une édition marquée par un programme très politique, à quelques mois de la prochaine élection présidentielle. Aujourd'hui à 15h12 "On y va tout droit": Bruno Retailleau alerte sur "une catastrophe financière" à venir "La prochaine catastrophe, après la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine, ce sera la catastrophe financière, on y va tout droit", alerte Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à l'élection présidentielle.
Selon lui, "des agences internationales pourraient décoter la France", alors "la note française sur la dette souveraine serait abaissée et les taux s'envoleront".
Bruno Retailleau prédit aussi "un cafouillage à l'Assemblée nationale" ces prochains mois lors des discussions sur le budget et redoute "un scénario à la grecque".
"Les gens qui n'aiment pas l'Europe (...), c'est ceux qui pensent qu'ils peuvent s'asseoir dessus", a affirmé Édouard Philippe lors d'une table ronde consacrée au Vieux-Continent.
"Mais quand vous êtes les États-Unis, vous savez que l'Europe n'est pas du tout la puissance continentale, que nous aimerions parfois qu'elle soit, et qu'on peut, dans un rapport de force politique et économique, s'asseoir dessus", a-t-il insisté, qualifiant d'"inégal" et de "piteux", l'accord commercial conclu, ou plutôt "imposé" selon Édouard Philippe, entre les États-Unis et l'Union européenne l'été dernier.
"On devrait utiliser notre dette pour financer notre réarmement et on l'utilise pour financer les retraites", a déploré le directeur général de la banque publique d'investissement.
Sur l'Ukraine par exemple, "nos moyens financiers (...) sont tellement limités qu'on est derrière pas mal de pays européens sur le soutien à ce pays en termes de quantité d'armement et de budget, parce qu'on ne peut pas", a-t-il appuyé.
Selon lui, l'effort principal à faire reposerait sur une réforme du système des retraites.
Il a jugé nécessaire de "sanctuariser la loi de programmation militaire", soit environ "6 milliards d'euros" supplémentaires par an. Mais il est "impossible de dire aux Français que ça n'aura pas comme contrepartie des efforts encore plus importants sur le front des autres dépenses de la nation", évoquant les "dépenses sociales".
D'ici 2030, "les budgets qui vont être alloués à la défense vont augmenter de 35 milliards", mais "il faudra investir beaucoup", 15 milliards, selon Nicolas Dufourcq, et sur ces 15 milliards d'euros, BPI "va faire à peu près la moitié".
"Il faut jouer sur l'indispensabilité" en matière d'autonomie économique, a soutenu vendredi matin la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.
"Il faut utiliser ces points critiques, s'en servir comme des leviers, et se souvenir que, pour la plupart des hyperscalers américains (les centres de données dédiés à l'entraînement de l'IA, ndlr), l'Europe représente à peu près 25% de leur chiffre d'affaires".
La présidente de la BCE a par ailleurs cité "les exemples" du Portugal et de l'Espagne en matière d'indépendance énergétique. Tous deux "se sont déconnectés de la tarification sur la dernière unité de valeur, par le gaz en particulier (...) C'est une réalité vers laquelle il faut que l'on avance", a-t-elle ajouté.
"Il y a un avant et un après" la prise de parole de Sébastien Lecornu lors des Rencontres économiques d'Aix, "parce que ça fait plusieurs semaines qu'il y a plusieurs personnes qui se déclarent candidates et ça ne donne pas envie", a affirmé l'économiste et prix Nobel d'économie Philippe Aghion sur BFM Business. "J'ai vu un souffle", a assuré l'économiste, évoquant des "grandes valeurs" et un "patriotisme" qui "embarque tout le monde".
"La France est un pays où très facilement ça part dans tous les sens, et puis il y a des moments gaulliens, des moments où l'on réunit tout le monde", a-t-il appuyé.
La guerre au Moyen-Orient a-t-elle fait grimper les prix dans les supermarchés? "Avec le dollar et le baril qui baisse, on n'a pas vu encore d'inflation pour le moment" et "je ne pense pas que nous allons avoir beaucoup d'inflation d'ici la fin de l'année", a affirmé le directeur général du groupe Casino.
Le groupe Casino négocie actuellement une restructuration de 1,4 milliard d'euros de sa dette afin de la ramener à 800 millions. Une date butoir était fixée au 30 juin.
Sur BFM Business, Philippe Palazzi, directeur général du groupe Casino et président de Monoprix et Naturalia assure que "nous avons les éléments pour avancer vers les prochaines étapes de cette restructuration".
"C'est vrai que l'économie britannique a moins bien performé qu'avant le Brexit" et "qu'elle a aussi sous-performé l'économie de la zone euro", mais "si on compare avec la France, les choses ne sont pas si différentes que ça", a observé Isabelle Mateos y Lago, cheffe économiste du groupe BNP Paribas, sur BFM Business.
"Ça a été une sous-performance par rapport aux attentes qui avaient été créées", mais "ce n’est pas non plus une expérience catastrophique" et "sur les six derniers mois l'économie britannique a crû même plus vite que certains pays de la zone euro", appuie l'économiste.
"On a une bonne nouvelle, il ne faut pas gâcher notre plaisir, l'inflation est en train de refluer", a affirmé Roland Lescure, y voyant une "bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français" et "surtout pour la croissance".
"C'est le signal de la relance. Il faut qu'on ait un bon été", a assuré le ministre de l'Économie et des Finances, qui évoque la baisse des prix du kérosène et de l'essence. "On a besoin d'une économie qui va bien et on a des signaux positifs", a-t-il poursuivi.
Pour le ministre de l'Economie, "on fait face à une crise, à une guerre même si ça va mieux. On a eu trois mois difficiles qui ont eu un impact sur la croissance, qui ont eu un impact sur les déficits publics, il faut qu'on intègre tout ça, qu'on fasse la transparence et prendre ensemble les décisions" sur les finances publiques, indique Roland Lescure sur BFM Business lors de la deuxième journée des Rencontres économiques d'Aix.
Les milieux politiques sont-ils vraiment les alliés des milieux économiques? "Je comprends qu'on est dans un monde bouleversé, je pense que ça n'a échappé à personne, et que par ailleurs en France on a une situation politique dispersée", mais "on a une cause commune qui est la France, et pour la France aille bien, il faut que ses entreprises aillent bien", a répondu le ministre de l'Économie, Roland Lescure.
"Moi je suis extrêmement fier d'un certain nombre de choses qu'on a faites, que je vais défendre ici", a poursuivi Roland Lescure, évoquant l'idée de "start-up nation" qui a pourtant été "décriée".
Lors de cette deuxième journée des Rencontres économiques d'Aix , Roland Lescure (ministre de l'Économie et des Finances) estime que la prochaine élection présidentielle de 2027 doit être l'occasion d'"un débat de fond sur la transformation de notre modèle social pour le préserver".
Bonjour à tous et bienvenue sur ce direct consacré aux 26èmes Rencontres économiques d'Aix, réunissant chefs d'entreprises, économistes et responsables politiques.
Pour cette journée d'édition spéciale sur BFM Business, sont attendus Roland Lescure (ministre de l'Économie et des Finances), Philippe Aghion (économiste et prix Nobel d'Économie), Julien Brun (Betclic), Daniel Baal (Crédit Mutuel) ou encore Yaël Braun-Pivet (présidente de l'Assemblée Nationale).