Vers une sortie du pétrole en 2045 : la France a enfin finalisé sa nouvelle feuille de route pour la neutralité carbone en 2050
Le ministère de la Transition écologique a présenté ce mercredi 15 juillet la nouvelle stratégie nationale bas carbone qui doit amener la France vers la neutralité carbone en 2050.

Après des mois de préparation, et alors que les Français sont épuisés par trois vagues de chaleur intenses, le gouvernement a présenté ce mercredi 15 juillet sa nouvelle feuille de route pour une France « neutre en carbone » en 2050. En ligne de mire : la sortie du pétrole et du gaz, des énergies fossiles dont l’impact sur le changement climatique n’est aujourd’hui plus à démontrer.
Les récentes canicules « nous rappelle [nt] le besoin d’accélérer notre adaptation, mais n’occulte pas pour autant la nécessité de mener des efforts tout aussi soutenus en matière de décarbonation. Car la première résolution face au changement climatique reste la baisse des émissions », a affirmé la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, en présentant ce plan au ministère.
Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3), révisée tous les cinq ans, fixe ainsi pour objectif de se passer de charbon à horizon 2030, de pétrole d’ici à 2045 et de gaz fossile en 2050. Un objectif salué lors de la conférence internationale de Santa Maria en Colombie, en avril dernier. Le texte projette ainsi de réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990, en vue d’atteindre la neutralité carbone en 2050.
66 % de voitures neuves électriques en 2030
Mise en consultation depuis décembre dernier, cette SNBC doit être entérinée par la publication d’un décret d’ici la fin de cette semaine. L’enjeu n’est plus désormais de trouver des solutions, mais de les massifier, a insisté Monique Barbut : « Année après année, nous avons mis au point des technologies efficaces et accessibles pour apprendre à nous déplacer, à nous chauffer et à produire en nous passant progressivement des énergies fossiles. L’enjeu est désormais d’en accélérer le déploiement. »
Pour y parvenir, cette SNBC-3 détermine des trajectoires secteur par secteur, des transports aux bâtiments, en passant par l’industrie, l’agriculture ou les déchets. Dans les transports, le texte vise la « quasi-neutralité » carbone en 2050, grâce à la montée en puissance des bio-carburants, de l’électrification et de la sobriété. Il table notamment sur 66 % de voitures et 90 % d’autobus électriques dans les ventes de véhicules neufs d’ici à 2030.
Sans décarbonation, la France ne pourra pas maintenir son train de vie jusqu’en 2050
L’ambition de 700 000 logements par an jusqu’en 2030
L’agriculture devra pour sa part réduire de 26 % ses émissions d’ici à 2030 et de 53 % d’ici à 2050 par rapport à 1990, via un recul des émissions des troupeaux et des déjections animales, et une baisse des émissions des engins et infrastructures agricoles. La SNBC-3 prévoit également « une limitation de la consommation de viande et de charcuterie, et une réduction de la consommation de viande importée ».
Pour l’industrie, le texte table sur un recul de 70 % d’ici à 2030 et de 96 % d’ici à 2050 des émissions, à travers l’électrification, la sobriété et la captation du carbone notamment.
Le secteur du bâtiment, qui représente 15 % des émissions brutes françaises, devra quant à lui les réduire de 61 % en 2030 et 97 % en 2050, grâce à la sortie des chaudières au fioul, au remplacement de la majorité des chaudières à gaz, à l’installation massive de pompe à chaleur, ou encore via la rénovation « performante » de 700 000 logements par an jusqu’en 2030 ; près du double du nombre de logements rénovés en 2025.
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Les ONG auraient préféré plus de sobriété
« Est-ce que c’est la SNBC qu’auraient faite les ONG ? Non, clairement, on aurait davantage appuyé sur la sobriété, notamment dans le transport international », a réagi Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat, présente au ministère. Elle insiste sur la nécessaire « transparence » concernant les leviers évoqués dans le texte et sur « une mise en cohérence des politiques avec ces trajectoires ».
Malgré des objectifs ambitieux qui impliquent une réduction des émissions françaises de 5 % par an, les efforts ont marqué le pas en 2024 et 2025 avec des baisses d’émission de gaz à effet de serre respectives de 3 et 2,1 % seulement.