La descente aux enfers du BHV Marais, placé en redressement judiciaire
Un sacré bazar après 170 ans d'histoire... Le Bazar de l'Hôtel de ville, plus connu sous son acronyme BHV, a fait partie de l'ADN de Paris. Mais après avoir connu des heures de gloire, le grand magasin fait face à…
En 1856, un couple de marchands ouvre une boutique rue de Rivoli. Elle s'appelle Bazar Napoléon puis Bazar de l'Hôtel de Ville car il est situé juste en face du magasin. En 1913, une rotonde de style art nouveau est érigée au sommet de ce petit commerce qui devient peu à peu une véritable institution parisienne.
Les affiches de l'époque vantent la plus vaste boutique du monde. Elle est prisée pour son rayon mode mais aussi son sous-sol dédié au bricolage et à la quincaillerie. Au début des années 1990, années prospères, le magasin est racheté par le groupe Galeries Lafayette.
En 2013 il est rebaptisé BHV Marais et connaît ses premières turbulences économiques. Malgré une bonne fréquentation, le magasin est déficitaire. Mais c'est dix ans plus tard, en 2023, que vient le coup de grâce.
La Société des Grands Magasins rachète le fonds de commerce. À sa tête, un certain Frédéric Merlin, un entrepreneur ambitieux qui veut remettre à flot le BHV. Son idée est révolutionnaire, selon lui : accueillir l'entreprise chinoise d'ultra fast fashion Shein au sixième étage du magasin.
Il y a un an, une immense publicité fait son apparition sur la devanture du BHV avec ce titre provocateur et peut-être prémonitoire : "L'affiche qu'on n'aurait pas dû faire". À lire aussi "Il tombe en ruine" : quatre mois après l'installation de Shein, le BHV déserté par les enseignes "C'est injuste pour les marques avec de vraies valeurs"Ce choix stratégique douteux, couplé à des retards de paiement, créé un bazar, le magasin n'a jamais aussi bien porté son nom. Les rayons se vident, les grandes marques partent une à une : Dior, Guerlain, Sandro, Agnès B ou encore The Kooples.
L'alliance avec Shein est aussi vécue par les clients comme une trahison environnementale et éthique. Ils boycottent la boutique. "C'est un risque d'une image mauvaise, souligne une cliente.
C'est injuste pour des marques avec de vraies valeurs, qui sont vraiment investies. Et même pour le groupe, la notoriété ne peut que chuter dans ce genre de situation. On ne voit plus une enseigne de la même manière quand elle valide ce genre d'action.
Et ça montre que sûrement ce type d'enseigne ne vend plus aussi bien qu'avant". L'ardoise est trop longue. Les dettes et impayés dépassent les 100 millions d'euros.
Frédéric Merlin jette l'éponge au mois de juin. Le directeur général du magasin Karl-Stéphane Cottendin reprend les affaires. Il veut tourner la page Shein.
Plusieurs marques reviennent mais les difficultés financières persistent. Fin octobre, le BHV Marais vient d'être placé à sa demande en redressement judiciaire.
Pas encore recoupée
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- Franceinfo28 oct., 11:53La descente aux enfers du BHV Marais, placé en redressement judiciaire ↗Chiffres : 170 ans
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Méthode : les dépêches sont regroupées d’après les mots de leur titre et de leur résumé ; chaque rédaction compte une fois ; les chiffres sont lus tels que publiés. Rien ici n’est rédigé par une IA.
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