Le choc pétrolier de 2026 a été moins grave que ceux des années 1970 et de 2022, selon l’Insee
L’effet de la crise énergétique de 2026 sur le pouvoir d’achat des Français en produits pétroliers a été en revanche similaire à celui des chocs précédents, a calculé l’institut national de la statistique.
«La crise actuelle est plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies. » En avril dernier, dans un entretien au Figaro , le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) Fatih Birol avait décrit sans détour la violence du choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient. Dans une étude publiée ce mercredi, l’Insee bat pourtant en brèche cette idée, affirmant que «ce choc, s’il demeure de cette dimension, apparaît de moindre importance que les crises pétrolières des années 1970, mais également que le choc de 2022» consécutif à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Pour soutenir cette thèse, l’institut national de la statistique s’appuie sur plusieurs indicateurs, notamment le prix du baril de pétrole brut. Celui-ci a dépassé les 100 dollars en mars, après le déclenchement du conflit opposant Israël et les États-Unis à l’Iran fin février. «Ce niveau est élevé en perspective historique, quoiqu’un peu moins que ceux des pics de 2022 et 2008», observe l’Insee, qui relève d’ailleurs qu’il s’est détendu ces derniers jours, après l’accord trouvé le week-end dernier entre Téhéran et Washington pour mettre fin au conflit.
De plus, «l’évolution du taux de change est bien plus favorable aujourd’hui qu’en 2022 pour le Vieux continent, si bien que la flambée du cours en euros du Brent est moins importante qu’en 2022». De leur côté, les prix du gaz et de l’électricité ne se sont pas envolés, contrairement à la crise de 2022. À l’époque, rappelle l’Insee, «l’invasion de l’Ukraine avait alors suscité des craintes de ruptures d’approvisionnement en gaz après l’embargo contre la Russie, tandis que les cours de l’électricité sur le marché européen étaient tirés à la hausse par l’indisponibilité d’une large fraction du parc nucléaire français».
S’agissant du choc de 2026, sous l’effet du blocage du détroit d’Ormuz, le prix du gaz «a certes progressé de plus de 60%, mais le niveau atteint pour le moment (45,0 euros/MWh en mai 2026) est plus de cinq fois inférieur à celui du pic de l’été 2022», note l’institut. De même, ni les prix de l’électricité ni les cours des matières premières alimentaires n’ont explosé. » LIRE AUSSI - Plombée par la guerre au Moyen-Orient, l’économie française devrait croître de 0,7% cette année, prévoit l’Insee Un effet similaire sur le pouvoir d’achat en produits pétroliers En résumé, pointe l’Insee, «l’ampleur du choc énergétique de 2022 était plus forte que l’épisode actuel, qui s’apparente essentiellement à un choc pétrolier pour le moment».
Si celui-ci est moins grave que les précédents, en particulier ceux de 1973 et 1979, c’est aussi car l’économie française était alors «beaucoup plus dépendante des produits pétroliers qu’elle ne l’est aujourd’hui». «Le choc actuel pourrait même contribuer à amplifier la tendance récente à l’électrification du parc de véhicules en France, ce qui réduirait encore davantage la dépendance de l’Hexagone aux produits pétroliers», ajoutent les statisticiens nationaux. Malgré cet impact moindre, l’effet sur le pouvoir d’achat des Français en produits pétroliers est en revanche similaire à celui des chocs précédents.
En effet, il a chuté d’environ 20% au printemps 2026 par rapport à 2025, soit autant qu’au début des années 1980 à la suite des deux premiers chocs pétroliers, ainsi qu’en 2022. Selon l’Insee, l’explication est assez simple : «L’État avait mis en place des subventions généralisées à la pompe en 2022, ce qui n’est pas le cas en 2026», en raison notamment de finances publiques extrêmement dégradées. Seul TotalEnergies a appliqué un plafonnement des prix dans ses stations-service depuis le début du conflit au Moyen-Orient, face à la flambée des prix à la pompe.