« On va droit vers une crise sociale » : le marché du logement est au bord de la rechute, alerte la Fnaim
Alors que la tendance était plutôt à la reprise en 2025, les événements au Moyen-Orient ont stoppé net les transactions dans les logements anciens et la production de crédit sur le 1er semestre en France.

Ce n’est pas un message très optimiste qu’a lancé Loïc Cantin, le président de la Fnaim, la fédération nationale de l’immobilier, ce mercredi matin. Selon ses propres termes, le marché est aujourd’hui convalescent mais au bord de la rechute. Que ce soit celui de la production de crédit ou des transactions. En cause, les événements au Moyen-Orient qui ont stoppé net les transactions. La remontée des taux de crédit liée à la reprise de l’inflation et le climat anxiogène qui s’est ensuivi ont refroidi les ardeurs des candidats à l’accession.
Ce regain de pessimisme a d’ailleurs été confirmé dès mardi 16 juin par la Banque de France qui a revu à la baisse ses anticipations de croissance française pour 2026, les ramenant à 0,5 % contre 0,9 % précédemment. La semaine passée, la BCE a relevé ses taux afin de juguler une inflation jugée excessive.
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« Il y a fort à parier que l’inflation devrait s’établir aux alentours de 2,4 % cette année, et que les taux de crédit atteignent la barre des 3,80 % fin 2026 alors qu’ils culminaient à 3,05 % en juin 2025 », estime Loïc Cantin. Les chiffres enregistrés ces deux derniers mois confirment déjà un repli manifeste des transactions, de la production de crédit mais aussi des investissements locatifs. Dans le détail, la fédération a chiffré à 17 000 la baisse du nombre de ventes de logements anciens entre mars et avril par rapport à la même période de l’année dernière. De la sorte, il est dorénavant anticipé 900 000 ventes cette année, soit une baisse de 5 % au regard de 2025.
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Si la guerre en Iran contribue pour une bonne part à ce mouvement, le patron de la Fnaim pointe d’autres raisons. Comme les contraintes imposées par le HCSF (Haut comité de stabilité financière) qui stipule que le taux d’effort des emprunteurs ne peut pas excéder 35 % de leurs ressources. « Il est impératif de les supprimer si l’on veut ranimer le marché du logement. Ces règles sont conçues pour une surchauffe du marché, inadaptées à la période actuelle. Sans une réelle réaction, on va droit vers une crise sociale », assure-t-il.
Stabilité des prix sur l’ensemble de la France
Pour le second semestre, Loïc Cantin ne voit qu’un seul point positif : la stabilité des prix constatée un peu partout en France. Au 1er juin 2026, les prix des logements anciens s’établissaient à 2 994 €/m² pour l’ensemble du parc, en quasi-stabilité sur un an (-0,1 %). Corrigés de l’inflation, les prix sont en recul de 2,5 %. « En l’espace de trois ans, nous avons eu 5 ministres du Logement, et nous allons bientôt en avoir un 6e. Comment voulez-vous mettre en place des stratégies durables dans ce contexte ? On n’a jamais autant légiféré avec aussi peu d’efficacité », se plaint le numéro un de la Fnaim.
Et de regretter que les règles du DPE (diagnostic de performance énergétique) poussent les propriétaires de passoires thermiques à vendre plutôt que réaliser des travaux. Les biens vendus étant souvent transformés en locations de courte durée (Airbnb) qui ne renflouent pas le parc locatif longue durée.
Enfin, Loïc Cantin n’est pas plus tendre avec l’encadrement des loyers qu’il souhaiterait bien voir disparaître aussi compte tenu de son côté dissuasif vis-à-vis des investisseurs, « et ce, alors qu’il n’y a pas vraiment de contrôles ».
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A voir maintenant si le retour à la paix en Iran, suspendu à la signature et l’application de l’accord avec les Etats-Unis, et la rechute des prix du pétrole ne vont pas rebattre les cartes, notamment celle de l’inflation susceptible de déteindre sur le niveau des taux d’intérêt.