Elle fournit 70% des épices du monde, est le 1er exportateur de riz mais l'Inde voit plus grand: avec l'accord de libre-échange avec l'UE, elle rêve désormais d'envahir nos rayons de supermarchés
Pays à l'honneur au Sial de Paris, l'Inde cherche à dépasser son rôle historique d'exportateur de matières premières. Porté par le récent accord de libre-échange avec l'UE, le deuxième producteur agricole mondial vise…
144 entreprises et un statut de "pays à l'honneur": la présence de l'Inde au Salon international de l'alimentation (Sial) de Paris ne passait pas inaperçue cette année. Elle illustre la volonté du deuxième producteur agricole mondial de changer son image et sa stratégie afin de profiter encore davantage de la croissance des marchés globaux, où la demande alimentaire augmente mais se transforme aussi. Exit les simples commodités qui ont fait traditionnellement la force de l'Inde: les épices, dont elle fournit 70% de la consommation mondiale, le riz, dont elle est premier exportateur du globe depuis 2012, les crevettes.
Place à des produits davantage premium, comme certaines qualités de riz labellisées, et surtout à plus de produits transformés, susceptibles d'atteindre directement les rayons des supermarchés sous des marques fortes, englobant les spécialités régionales. L'enjeu est clairement expliqué par le président de l'Organisation indienne de promotion du commerce, Jawed Ashraf, dans les pages du journal du Sial: accroître la valeur ajoutée des exportations indiennes captée par leurs producteurs. Un récent accord de libre-échange UE-Inde Plusieurs facteurs favorisent une telle stratégie.
La demande de super-aliments et de produits sans gluten porte les ventes d'épices ou de riz soigneusement marketés. L'amélioration des chaînes de froid dans le fret maritime rend plus accessible le transport de fruits et de légumes surgelés -par exemple de mangue, dont l'Inde compte des centaines de variétés. Les exportations d'aliments indiens transformés croissent déjà de 15% par an.
Mais le principal tournant est tout récent: la signature, en janvier 2026, d'un accord de libre-échange entre l'Inde et l'Union européenne. Il ouvre le marché du vieux continent à de nombreux produits indiens, dont les aliments transformés, notamment grâce à une clarification des exigences et des contrôles sanitaires. Pour les deux parties, c'est une opportunité majeure d'accroître leurs échanges de marchandises, qui en 2025 dépassaient 118 milliards d'euros (11,6% du commerce extérieur de New Delhi).
Avec les acteurs européens, l'Inde cherche désormais à "construire de véritables partenariats", souligne Jawed Ashraf. Investir les grandes surfaces européennes C'est précisément l'ambition de jeunes entreprises comme Koh Foods, sélectionnée parmi les start-ups indiennes présentées au Sial. Elle propose des superaliments cultivés en Inde sous forme de poudres pures et faciles à intégrer en cuisine pour apporter nutriments, couleurs et saveurs, déjà vendues en Inde et en Australie.
"Nous pensons que manger sainement doit aussi être un plaisir. Les consommateurs doivent prendre plaisir à manger des légumes", explique Keerthi Priya Odapalli, fondatrice de Koh Foods. L'entreprise mise notamment sur la simplicité d'utilisation de ses produits pour séduire les consommateurs occidentaux.
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- BFM Business26 oct., 05:57
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