Suisse, Etats-Unis, Royaume-Uni : nos diplômés de grandes écoles fuient la France pour des salaires XXL
Selon la Conférence des grandes écoles, plus d’un jeune diplômé de grande école sur dix (10,8 %) de la promotion 2025 a décroché son premier poste hors de France. Parmi les raisons : des salaires jusqu’à deux fois supéri

Ils ont passé cinq ans dans les meilleures écoles françaises d’ingénieurs ou de management. Et pourtant, leur premier employeur sera à Zurich, Londres ou New York. Selon la dernière enquête de la Conférence des grandes écoles (CGE) présentée le 11 juin, plus d’un jeune diplômé sur dix (10,8 %) de la promotion 2025 a en effet obtenu son premier poste hors de France. Et quand on analyse l’endroit où ils atterrissent, pas vraiment de surprise : ces jeunes diplômés vont là où les salaires font rêver.
La Suisse caracole en tête des destinations choisies par les expatriés de la promotion 2025, en accueillant 14,4 % d’entre eux. Avec une appétence particulière chez les ingénieurs, puisque plus d’un sur cinq partis à l’étranger (21,4 %) a posé ses valises sur le territoire de la Confédération helvétique. Difficile de leur en vouloir quand le salaire brut annuel moyen y atteint 84 304 euros pour les ingénieurs, et même 87 240 euros pour les diplômés d’école de commerce. Soit plus du double du salaire médian brut d’un jeune diplômé resté en France, à 39 600 euros.
91 720 euros par an : les Etats-Unis offrent les plus gros salaires aux jeunes fraîchement diplômés
C’est toutefois outre-Atlantique que se trouve le vrai jackpot. Les Etats-Unis n’attirent que 5,2 % des expatriés, mais offrent les rémunérations les plus élevées de toute l’enquête, avec 91 720 euros brut annuel en moyenne pour les ingénieurs et 75 334 euros pour les managers. Des chiffres qu’il faut toutefois tempérer puisque la fiscalité américaine et le coût de la vie à San Francisco ou New York font leur œuvre, sans pour autant empêcher ces salaires de rester redoutablement séduisants pour un jeune sorti d’école.
Le Royaume-Uni, lui, retrouve une place sur le podium en 2025, après l’avoir perdue l’an passé, avec 8,2 % des diplômés expatriés. En effet, le Brexit avait sérieusement refroidi les ardeurs des jeunes diplômés pour Londres, mais la City et l’écosystème tech semblent reprendre un peu du galon cette année. Les ingénieurs y décrochent en moyenne un salaire de 80 690 euros brut annuel, tandis que les managers affichent une moyenne plus basse, à 69 090 euros. Signe que la destination est peut-être plus séduisante pour les profils techniques que commerciaux…
Au plus bas depuis 2005, l’insertion des diplômés de grandes écoles est en net recul
Un exode des cerveaux pas si massif que ça
Alors les grandes écoles de management et d’ingénierie seraient-elles un tremplin vers l’exode de nos cerveaux ? Pas forcément, car parmi les diplômés de nationalité française, ils ne sont finalement « que » 8,2 % à s’expatrier. Et surtout, une part significative des « partants » est en réalité des étudiants étrangers venus se former en France qui rentre ensuite chez eux, ce qui est le cas dans 60 % des départs hors de France selon la Conférence des grandes écoles.
Pour le reste, rien ne dit qu’ils reviendront dans l’Hexagone : face à des écarts de salaire qui atteignent parfois 100 % avec Zurich ou New York dès la sortie de l’école, difficile d’imaginer que ces jeunes fraîchement sortis d’école reviendront de sitôt.