Jean-François Ouvrard (Morgan Stanley) : « Même si c’est à un prix plus élevé, la dette française trouve toujours des investisseurs sur le marché »
La France se finance désormais à plus de 5 % sur le marché obligataire, une première depuis l’été 2002. La dette tricolore est-elle encore une valeur sûre pour les investisseurs ? Oui, répond le directeur de la…
Le taux de l’obligation assimilable au Trésor (OAT) à 10 ans a dépassé, mercredi, dans la matinée, le seuil de 5 %, une première depuis 2002. Cette année, l’Hexagone devrait afficher un déficit de 5,4 %. Sa dette dépasse les 3 500 milliards d’euros et représente 119 % du PIB. Le gouvernement de Sébastien Lecornu ambitionne de ramener le déficit à 5 % dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, mais les blocages politiques à l’Assemblée nationale rendent l’adoption d’un budget assez hypothétique d’ici à la fin de l’année. Et ce vendredi, l’agence de notation Moody’s doit se prononcer sur la note souveraine de la France.
Pour évoquer ce contexte défavorable, La Tribune s’est entretenue avec Jean-François Ouvrard, directeur de la recherche économique pour la zone Europe au sein de la banque d’investissement Morgan Stanley.
LA TRIBUNE. Le taux de l’OAT à 10 ans a franchi le seuil des 5 % mercredi, le spread entre la France et l’Allemagne a dépassé les 170 points de base, qu’est-ce qui explique une telle envolée ?
JEAN-FRANÇOIS OUVRARD. La hausse du spread exprime les doutes du marché financier sur la soutenabilité de la dette française. Les investisseurs se focalisent sur les grands chiffres macroéconomiques, en particulier la croissance potentielle et la productivité. Et ils les comparent à ceux des autres pays européens. Par ailleurs, l’incertitude liée aux blocages politiques au Parlement participe aussi à la montée des taux. Les investisseurs n’ayant, à ce stade, aucune visibilité sur la manière dont la trajectoire des finances publiques va être corrigée à court et moyen terme.
Pas encore recoupée
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- La Tribune22 oct., 17:30
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Méthode : les dépêches sont regroupées d’après les mots de leur titre et de leur résumé ; chaque rédaction compte une fois ; les chiffres sont lus tels que publiés. Rien ici n’est rédigé par une IA.
