SNCF Voyageurs : derrière le départ de Christophe Fanichet, le pari stratégique de Jean Castex pour l’avenir
Jean Castex, PDG du groupe SNCF, a annoncé le départ de Christophe Fanichet de la tête de SNCF Voyageurs. Une décision prise sur fond de divergences stratégiques autour de l’avenir de la filiale et de sa préparation à l’

C’est le premier grand chamboulement de gouvernance depuis l’arrivée de Jean Castex à la tête de la SNCF. Ce mardi 21 juillet, l’entreprise ferroviaire française a annoncé vouloir « impulser une nouvelle dynamique et de nouvelles orientations stratégiques » pour SNCF Voyageurs, l’une des filiales du groupe. Une « nouvelle étape » qui se traduit par l’éviction de Christophe Fanichet, l’actuel PDG de SNCF Voyageurs, en poste depuis la création même de cette filiale en 2020. Ce proche de Jean-Pierre Farandou (ex-patron de la SNCF et actuel ministre du Travail) va « changer de fonctions au sein du groupe », précise l’entreprise dans un communiqué.
Il sera remplacé par deux personnes : Laurent Trevisani, actuel directeur général délégué stratégie et finances du groupe SNCF, qui présidera le conseil d’administration de SNCF Voyageurs, et Jean-Aimé Mougenot, actuel directeur général délégué TER, qui en sera le directeur général. Une réorganisation qui se veut « rassurante », nous confie une source syndicale. « Certaines négociations étaient très difficiles pour trouver des compromis entre les syndicats, le groupe et SNCF Voyageurs. Cela faisait un moment que nous demandions un pilote clairement identifié. Là, Jean Castex envoie le signal qu’il veut reprendre les rênes », ajoute cette même source.
Le projet « Destination 2030 » au cœur des divergences
Si l’ancien Premier ministre entend reprendre la main sur la gestion de SNCF Voyageurs – qui gère entre autres les TGV, Intercités et RER –, c’est aussi parce que les deux hommes ne partageaient pas la même vision de l’avenir de la filiale. Au cœur des divergences : le projet « Destination 2030 », destiné à mieux préparer l’entreprise à l’ouverture à la concurrence.
Celui-ci prévoyait de réorganiser la filiale autour de deux axes : une direction business pour les activités TGV et une direction « délégation de service public » pour les activités TER. Une réforme que Jean Castex a balayée d’un revers de la main, tandis que les syndicats s’y étaient également opposés. « Les logiques de démantèlement et de morcellement du service public SNCF en une multitude de sociétés dédiées doivent être urgemment stoppées », a d’ailleurs réagi la CGT Cheminots au départ de Christophe Fanichet.
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Il n’empêche que ce patron sur le départ affiche un bilan positif à la tête de SNCF Voyageurs. La filiale a vu son chiffre d’affaires augmenter de 24 % en six ans pour atteindre 20,9 milliards en 2025. Elle a par ailleurs remporté 11 appels d’offres de TER sur les quinze attribués depuis l’ouverture à la concurrence régionale. « Je tiens à remercier chaleureusement Christophe Fanichet, qui garde toute ma confiance pour son engagement et la contribution déterminante qu’il a apportée au développement de SNCF Voyageurs depuis sa création en 2020 », a pris soin de rappeler Jean Castex. Reste désormais à savoir quelle place sera proposée à Christophe Fanichet au sein du groupe… Et s’il l’acceptera.