La livre se replie après son envolée récente, le dollar en petite hausse

La livre reculait vendredi après son récent bond lié aux spéculations autour de la nomination de Shabana Mahmood aux Finances britanniques, tandis que le dollar gagnait un peu de terrain dans un contexte géopolitique toujours tendu. Vers 18H35 GMT, la devise britannique relâchait 0,16% face au billet vert, à 1,3456 dollar pour une livre, et 0,12% face à la monnaie unique européenne, à 85,00 pence pour un euro. «La livre sterling a bénéficié d'un contexte favorable ces dernières semaines», notamment grâce à «l'apaisement des inquiétudes budgétaires au Royaume-Uni suite aux rumeurs concernant la nomination de Shabana Mahmood au poste de ministre des Finances» dans le futur gouvernement d'Andy Burnham, commente George Vessey, analyste de Convera.
L'actuelle ministre de l'Intérieur «est considérée comme une centriste, pragmatique et disciplinée sur le plan budgétaire et, à tout le moins, comme un choix nettement plus favorable au monde des affaires que le candidat précédemment évoqué, Ed Miliband», résume Matthew Ryan d'Ebury. L'analyste voit dans le repli de la livre vendredi un exemple classique du phénomène qui consiste à «acheter la rumeur, vendre la nouvelle» («buy the rumour, sell the news»). Cela signifie que les marchés intègrent un événement dans les prix avant qu'il arrive; et lorsqu'il se produit réellement, il n'a plus d'effet, ou peut même engendrer un mouvement inverse «La détérioration du goût du risque face à la résurgence des tensions géopolitiques» joue aussi en faveur du dollar - considéré comme une valeur refuge en temps d'incertitudes géopolitiques - face à la livre, note George Vessey.
Les États-Unis ont bombardé l'Iran pour la sixième nuit consécutive vendredi, tandis que plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient ont dit avoir été ciblés par des attaques. La hausse du billet vert reste toutefois contenue: il ne grappillait que 0,07% face à la monnaie unique européenne, à 1,1436 dollar pour un euro. Des données officielles ont montré cette semaine que l'inflation américaine côté producteurs et consommateurs avait ralenti en juin.
Cette accalmie réduit les chances d'une hausse des taux de la Réserve fédérale lors de sa prochaine réunion fin juillet, ce qui pèse sur le dollar, moins soutenu par la perspective d'un resserrement monétaire.