L’Europe a acheté une quantité record de gaz russe en début d’année
L’Europe a importé la quasi-totalité du GNL produit par le site phare de Yamal au cours du premier semestre 2026. Une interdiction d’importation menace son existence.

Au premier semestre 2026, l’Europe a importé plus de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du plus grand site de GNL russe que jamais auparavant. Les achats de l’Union européenne auprès de Yamal GNL ont atteint le niveau record de 9,9 millions de tonnes sur les six premiers mois de l’année. C’est 18 % de plus qu’à la même période l’an dernier, selon la société d’analyse Kpler.
C’est aussi la quasi-totalité de la production de cette installation sibérienne, contrôlée par la société russe privée Novatek mais où le français TotalEnergies et le chinois CNPC détiennent des participations. La France, la Belgique et l’Espagne ont importé respectivement 3,6, 2,9 et 2,7 millions de tonnes de ce site au cours du premier semestre 2026, rapporte le Financial Times. L’Europe aurait au total déboursé 6 milliards d’euros pour ces livraisons, jouant ainsi un rôle prépondérant dans le maintien en activité de cette installation.
Interdiction de toutes importations de GNL russe début 2027 L’UE interdit depuis fin avril les achats de GNL russe dans le cadre de contrats à court terme. À compter du 1er janvier prochain, l’interdiction s’appliquera aux contrats de GNL russe à long terme, dont ceux passés avec Yamal GNL, tandis que le transport de gaz par gazoduc sera interdit plus tard dans l’année. La Russie devra alors trouver des solutions alternatives.
Ce sera difficile car la volonté de l’Europe de recevoir les cargaisons de Yamal a été cruciale pour cette installation qui repose sur une petite flotte de pétroliers spécialisés dans la navigation en zone glaciaire, lesquels dépendent pour leurs réparations de chantiers européens (Damen à Brest ... ). Par ailleurs, la rapidité de transfert vers les ports européens est un avantage certain en comparaison du passage par la route maritime du Nord vers l’Asie, plus risqué et plus long.