Il est accusé d'avoir contourné les sanctions américaines pour transférer 5 Boeing 777 vers l'Iran: le magnat Mamy Ravatomanga, allié de l'ancien président malgache, sera jugé la semaine prochaine
L'homme d'affaires malgache est accusé de blanchiment d'argent dans une affaire de transfert de cinq appareils Boeing 777 américains vers l'Iran. Il a par ailleurs été entendu en audition libre par la justice française…
Magnat de Madagascar jusqu'au renversement de son allié, le président Andry Rajoelina, par les militaires en octobre 2025, Mamy Ravatomanga est le plus renommé des accusés dans la retentissante affaire des avions Boeing transférés il y a un an en Iran via Madagascar, jugée à partir du mardi 27 octobre à Antananarivo, la capitale malgache. Cet homme d'affaires de 57 ans a fait fortune en fondant en 1990 le groupe Sodiat, un conglomérat touchant à presque tout : distribution automobile, aviation, sécurité privée, médias, BTP, santé, immobilier, hôtellerie, tourisme, golf ou encore le lucratif secteur de la vanille. Classé en 2017 par Forbes comme la deuxième fortune de Madagascar, il est aujourd'hui poursuivi pour blanchiment d'argent et trafic d'influence par le pôle anticorruption d'Antananarivo.
Il est par ailleurs détenu à Maurice depuis sa fuite au lendemain du ralliement des militaires aux manifestants, il y a un an. Il est exactement reproché à Mamy Ravatomanga d'avoir facilité le transfert de cinq avions Boeing 777 américains vers l'Iran. En effet, des certificats d'immatriculation provisoire fournis par l'aviation civile malgache ont permis aux appareils de transiter l'an passé jusqu'en Iran, où ils sont désormais enregistrés au nom d'une compagnie iranienne, en dépit de multiples sanctions américaines depuis 2018.
Le témoignage d'un autre prévenu dans cette affaire, Singh Khushwinder, suspecté d'être le véritable propriétaire de la société malgache ayant servi à l'immatriculation des avions, l'accuse d'avoir touché 5 millions d'euros dans l'opération, selon l'ordonnance de renvoi. Un permis malgache pour voler dans l'espace aérien international Avant l'opération, les avions appartenaient à une société enregistrée en Floride, Ion Aviation, et étaient stationnés en Chine. Tout porte la justice malgache à croire que leur immatriculation à Madagascar en 2025 n'a servi qu'à leur permettre de voler dans les espaces aériens internationaux pour rejoindre l'Iran en juillet 2025.
Car les Boeing 777 n'ont jamais rejoint l'île de l'océan Indien. Les cinq appareils sont désormais immatriculés au nom de la compagnie iranienne Mahan Air, selon le registre du site spécialisé Planespotters. Deux d'entre eux sont spécifiquement visés par des sanctions du Trésor américain annoncées en avril dans un communiqué.
Ce dernier accuse Mahan Air d'être "impliqué dans l'acquisition et le transport de systèmes de drones et d'armes à destination et en provenance de l'Iran". À l’issue d'une enquête menée par l'agence anticorruption mauricienne (FCC) et le FBI américain, le gendarme de la lutte anticorruption de Maurice a assuré, selon une décision de justice du 12 octobre, qu'il "dispose de déclarations de témoins, de preuves numériques ainsi que d'enregistrements pour étayer l'allégation de corruption". Réunion dans un Novotel et commerce de litchis L'ordonnance de renvoi malgache mentionne aussi des photos d'une réunion au Novotel d'Antananarivo à laquelle aurait participé Mamy Ravatomanga.
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- BFM Business25 oct., 15:01
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