Un SUV agréable mais qui ne révolutionne pas sa catégorie : notre avis sur le Kia EV5, ce rival du Tesla Model Y aux arguments pas aussi tranchants que son style
ESSAI – L’EV5 endosse le rôle de bon père de famille dans la gamme électrique de Kia. Dommage, il ne profite ni de la charge rapide de son grand frère EV9, ni de la fiscalité avantageuse de sa petite sœur EV4,…
Kia et la voiture électrique, c’est une longue histoire d’amour ! Avec le e-Niro, la marque coréenne était une des premières à proposer, il y a huit ans déjà, une auto à batterie capable de longs trajets. Trois ans plus tard, l’EV6 démocratisait l’architecture haute tension de 800 Volts, avec à la clé une charge à 80 % en moins de 20 minutes. Depuis, c’est une gamme archi-complète qui s’est développée, dont l’EV5 est un des derniers représentants. Pour autant, ce SUV familial long de 4,61 m, au gabarit à mi-chemin entre un Dacia Bigster et un Citroën C5 Aircross, ne fait pas office de pionnier comme certains de ses frères.
Il arrive au contraire dans une catégorie très encombrée, où les vedettes s’appellent Tesla Model Y et Skoda Enyaq. Et il n’a pas l’avantage de la charge éclair de l’EV6 pour creuser l’écart avec la concurrence.
Tesla Model Y : un SUV toujours bon, mais rattrapé par la concurrence
Le Kia EV5 compte au moins sur son style pour se démarquer. Si le profil reprend quelques éléments de son très original grand frère EV9, ce n’en est pas pour autant une copie conforme à l’échelle inférieure. Les angles sont moins vifs, le faciès plus amical. Les ailes gonflées donnent une sacrée prestance à ce SUV, sculpté de manière bien plus complexe qu’il n’y paraît en photo. À bord, l’ambiance sombre semble à première vue consensuelle. Mais la coiffe de la planche de bord structurée par des arêtes vives prouve que les stylistes ont eu le loisir de s’amuser. Et tout cela apparaît bien construit, avec des matériaux nettement plus flatteurs que dans le petit frère EV3.
La qualité de construction est au rendez-vous, et le design est assez original. Mais l'ambiance sombre manque de gaité.
Ce design fort, qui pourra attirer le client tout autant que le faire fuir, reste presque un argument secondaire pour les familles qui recherchent avant tout des aspects pratiques. Bonne nouvelle : le Kia EV5 a de l’espace à revendre ! Le coffre engloutit 566 litres de bagages et, à l’arrière, des adultes seront confortablement installés. Mais si l’inclinaison des dossiers est réglable, la modularité reste basique : il faut se contenter d’une banquette rabattable en deux parties (qui a au moins le mérite de former un plancher plat)… et c’est tout ! Loin des astuces futées d’un Peugeot e-5008, à l’intérieur digne d’un monospace, l’EV5 se contente du minimum, avec une fonctionnalité qui rappelle plutôt un Dacia Bigster.
Cette sagesse se retrouve au volant. L’accélérateur et la direction bien calibrés, tout comme le freinage facile à doser, rendent la vie facile au quotidien. L’EV5 profite d’un amortissement bien plus convaincant que les EV3 et EV4 avec qui il partage sa plateforme. La détente mériterait encore d’être un tout petit peu mieux freinée pour complètement anéantir les mouvements de caisse parasites, mais le confort donne globalement satisfaction.
