« Plus proche d’un chef religieux que d’un PDG » : Dario Amodei, l’idéaliste patron d’Anthropic, rattrapé par les marchés financiers
PORTRAIT - À 43 ans, le cofondateur et directeur général de l’entreprise américaine prêche la prudence et la sécurité tout en faisant la course en tête chez les éditeurs d’IA. Ce qui fait de lui le milliardaire le plus p
Mi-août, piqué par un investisseur qui le déclarait « battu » dans la bataille autour d’une régulation de l’intelligence artificielle qu’il appelle de ses vœux, Dario Amodei a longuement répliqué sur X. Entre deux arguments, il a glissé quelques rares lignes sur son père, mort en 2006 d’une hépatite C. Des traitements apparus depuis guérissent 95 % des malades.
« Ils l’auraient probablement guéri », a regretté le cofondateur d’Anthropic. À la mort de son père, le jeune homme, alors âgé de 23 ans, étudiait la physique à Princeton. « Il était très déterminé, très ambitieux, vif d’esprit.
Il parlait avec un léger bégaiement, mais les idées fusaient », se souvient, pour Le Figaro, son directeur de thèse, Michael Berry, qui a vu débarquer un physicien décidé à passer à la biologie. Le projet qu’il lui confie est extrêmement difficile, reconnaît-il : fabriquer un capteur capable d’enregistrer 200 neurones à la fois dans une rétine. « C’est l’étudiant le plus talentueux que j’ai eu dans mon laboratoire, tranche Michael Berry.
Il voulait de grands accomplissements, pour guérir des maladies, pas pour être riche ou célèbre. » Né en 1983 à San Francisco d’une mère juive américaine, Elena Engel, qui construisait des bibliothèques, et d’un père italien, Riccardo, maroquinier venu d’une petite ville en face de l’île d’Elbe, Dario Amodei dit tenir d’eux « le sens du bien et du mal ». En 2010, sur le blog de GiveWell, l’étudiant raconte avoir versé 10 000 dollars à un programme de vaccination en Afrique et précise qu’il donne depuis 2006, l’année du deuil.
C’est le credo de l’altruisme efficace, ce mouvement qui veut faire le bien en le mesurant. Il partagera une colocation avec l’un de ses fondateurs, Holden Karnofsky, futur mari de Daniela Amodei, sa sœur, dont il est très proche.
