Que va faire la Réserve fédérale américaine? À quelques jours d'élections aux États-Unis, la Fed devrait maintenir inchangés ses taux directeurs
La Réserve fédérale américaine devrait opter ce mercredi pour un statu quo sur les taux directeurs alors que l'inflation a poursuivi son accélération, notamment en raison des prix de l'énergie.
Le monde économique s'attend à ce que la Réserve fédérale américaine (Fed) opte pour un statu quo sur les taux directeurs mercredi, à quelques jours d'élections aux États-Unis largement centrées sur l'inflation que l'institution est chargée de combattre. La décision de politique monétaire sera communiquée à 18h, et le patron de la Fed Kevin Warsh prendra la parole une demi-heure plus tard. Les investisseurs pensent que l'institution va faire une pause après avoir serré la vis en septembre (d'un cran pour atteindre entre 3,75% et 4%), et avant de décider d'une nouvelle hausse lors du dernier huis clos de l'année, début décembre.
Ce choix risque de ne pas être unanime, l'inflation n'ayant montré aucun signe d'essoufflement dans l'intervalle. La hausse des prix à la consommation s'est même accélérée à 3,7% sur un an, largement en raison du choc énergétique qui a suivi le déclenchement par le président Donald Trump d'une guerre au Moyen-Orient. La banque centrale de la première économie mondiale a en apparence les coudées franches pour calmer l'inflation : l'activité reste solide, même si tirée principalement par le boom autour de l'intelligence artificielle, et le chômage est faible.
L'absence de mouvement "va exiger davantage de communication de la part du président Warsh en conférence de presse", estime l'économiste du cabinet EY Gregory Daco. Depuis qu'il a pris les rênes au printemps, Kevin Warsh évite d'expliquer les ressorts de la politique monétaire, déroutant investisseurs et analystes. "Warsh devra éviter de donner l'impression que la décision revêt un caractère politique, dans un sens comme dans l'autre, à l'approche des élections de mi-mandat", les législatives partielles du 3 novembre, poursuit Gregory Daco.
Un resserrement monétaire, souligne l'économiste, pourrait "apparaître comme une mesure prise à l'encontre du gouvernement" Trump, tandis qu'un statu quo risque d'être perçu "comme une attitude conciliante" à son égard. Pas "surjouer" le combat contre l'inflation Donald Trump réclame inlassablement des taux plus bas pour stimuler l'économie, jugeant exagérée la crainte que cela nourrisse l'inflation, supérieure à l'objectif de la Fed (2%) depuis plus de cinq ans. Quand la banque centrale a relevé les taux en septembre, pour la première fois depuis l'été 2023, le président a dénoncé une décision visait à lui nuire avant les élections.
Kevin Warsh a échappé à ses foudres. Trump lui-même l'a nommé à la tête du comité de politique monétaire, qui compte douze votants. Wendy Edelberg, chercheuse à la Brookings Institution, pense que la Fed préfère ne pas s'exposer en cette période.
Attendre six semaines supplémentaires avant d'augmenter les taux "ne change pas énormément les choses sur le plan économique", dit-elle. Cela évite en revanche aux responsables monétaires "de se retrouver au coeur du débat politique juste avant une élection, ce qui ne rend service à personne", raisonne Wendy Edelberg. La Fed a fait savoir en septembre "qu'elle allait lutter contre l'inflation.
Pourquoi « Vérifié »
2 rédactions indépendantes rapportent cette information. Euronews l’a publiée en premier, 15 h avant la dernière.
- Euronews27 oct., 15:23
- BFM Business28 oct., 06:25
| Éditeur BFM Business (niveau établi) | +76 |
| Résumé détaillé | +2 |
| Reprise par 2 rédactions | +5 |
| Total | 83 |
Méthode : les dépêches sont regroupées d’après les mots de leur titre et de leur résumé ; chaque rédaction compte une fois ; les chiffres sont lus tels que publiés. Rien ici n’est rédigé par une IA.
