"Je ne taxerai pas davantage les entreprises qui payent déjà trop d'impôts": Édouard Philippe tend la main au patronat et met les retraités à contribution
Le maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle de 2027 Édouard Philippe a donné le ton de son programme pour décrocher les clés de l'Élysée, lors de son premier meeting de campagne organisé ce dimanche 5 juill

Voilà de quoi séduire les patrons. Lors de son meeting de campagne organisé ce dimanche 5 juillet, Édouard Philippe a donné le ton de son programme en vue de l'élection présidentielle de 2027. Alors que l'état des finances publiques du pays est préoccupant, le maire du Havre et ex-Premier ministre d'Emmanuel Macron assume ne pas vouloir mettre les entreprises davantage à contribution.
"Je ne taxerai pas les entreprises qui payent trop d'impôts", a-t-il soutenu devant une Adidas Arena de Paris presque comble. "Et je vous le redis, il faut baisser les dépenses sociales, supprimer les niches fiscales, avant de songer à augmenter les impôts de ceux qui travaillent", a insisté le candidat à l'Élysée. Des propos semble-t-il en phase avec le plan imaginé par le Medef pour faire économiser à la France pas moins de 100 milliards d'euros d'ici 2030, dont 44 milliards dès l'année prochaine.
Ce qui devrait ramener le déficit public à 4,2% du produit intérieur brut (PIB) en 2027, contre 5% visés par le gouvernement cette année, après 5,1% en 2025. Parmi la cinquantaine de mesures choc, la première organisation patronale du pays défend notamment une baisse des cotisations sociales en contrepartie d'une hausse de la TVA ou de la CSG. Les retraités davantage mis à contribution Si Édouard Philippe ne compte pas s'appuyer sur la fiscalité des entreprises pour redresser les finances publiques de l'État, le candidat à la succession d'Emmanuel Macron "assume de dire aux retraités, qu'il faudra contribuer davantage au financement de notre système social".
Un autre appel du pied lancé au Medef? En tout cas, le patronat appelle au recul de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Une mesure cependant impopulaire alors que la réforme Borne, lancée en septembre 2023 et qui devait porter progressivement l'âge légal de départ à 64 ans, a été mise en pause jusqu'au 1er janvier 2028.
"J'assume de dire, aux cadres et employés des secteurs public et privé, qu'il faudra travailler plus longtemps", a poursuivi Édouard Philippe. Depuis 2021, l'ancien locataire de Matignon défendait en effet un report de l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans - soit plus tardif que ce que soutient le Medef. Le maire du Havre a toutefois mûri sur la question, et s'oriente plutôt vers un âge pivot différencié.
Sur le volet fiscal, Édouard Philippe n'entend pas non plus serrer la vis aux catégories plus aisées, considérant "qu'on n'a pas besoin de réinventer des impôts idiots pour demander, à elles aussi, de contribuer au redressement national".