Il a gagné 100.000 dollars en pariant sur les discours de Trump... qu'il lisait à l'avance: l'assistant chargé du prompteur du président américain rattrapé par les enquêteurs et suspendu par la Maison Blanche
Un assistant de Donald Trump est accusé d’avoir gagné 100 000 dollars en pariant sur la plateforme Kalshi grâce à des informations privilégiées sur les discours présidentiels. Il a été suspendu de ses fonctions.

Nouvel épisode dans la saga des transactions suspectes autour de la Maison Blanche. Cette fois, les enquêteurs de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), l'autorité fédérale chargée de surveiller une partie des marchés financiers américains, accusent un assistant de Donald Trump, chargé de gérer son prompteur depuis 2016, d'avoir parié sur les mots qu'allait employer le président américain dans plusieurs discours, selon des informations d'ABC News. Cet opérateur aurait empoché au passage 100.
000 dollars, en misant de l'argent sur le fait que certains mots, des phrases ou des sujets, seraient abordés par Donald Trump lors d'une dizaine de discours. Il était particulièrement bien placé pour les deviner, puisque c'est généralement lui qui est chargé de relire les discours du président. Ces paris ont été effectués sur la plateforme Kalshi, qui a prévenu les autorités après avoir détecté une activité inhabituelle.
"Notre équipe de surveillance a rapidement signalé ces transactions à la CFTC et nous coopérons pleinement avec les autorités de réglementation", a déclaré l'avocat de Kalshi à ABC News. L'assistant a reconnu une partie des faits et négocie un accord avec la CFTC, selon ABC News. La Maison Blanche a annoncé sa suspension "sans solde" ce jeudi.
La porte-parole de l'exécutif américain a ajouté que Donald Trump trouvait la situation "vraiment regrettable et, honnêtement, une honte". D'autres procédures en cours Mi-mars, la Maison Blanche avait écrit à ses employés pour leur rappeler qu'ils ne devaient pas utiliser les informations dont ils ont connaissance dans le cadre de leurs fonctions pour prendre des positions sur les marchés financiers, ce qui peut s'apparenter à un délit d'initié. En l'occurrence, le parquet fédéral de Manhattan n'a pas souhaité ouvrir d'enquête pénale contre l'assistant de Donald Trump, laissant le litige se régler par la négociation.
Les marchés prédictifs, comme Kalshi ou Polymarket, sont dans le viseur des autorités américaines depuis plusieurs mois après une succession de transactions suspectes. Fin avril, un soldat américain a ainsi été inculpé pour fraude après avoir empoché plus de 400. 000 dollars en pariant sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro grâce à des informations confidentielles.
Stationné à la base militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord (sud-est), il a en effet "participé à la planification et à l'exécution" de l'opération qui a permis de capturer Nicolas Maduro et de l'emmener aux États-Unis, avait expliqué le ministère de la Justice.