Leur poids est multiplié par 60 en un mois et demi: le Danemark veut interdire les "poulets turbo", génétiquement sélectionnés pour grossir ultra rapidement
Après la diffusion d'images dénonçant les conditions d'élevage de poulets au Danemark, le ministre danois de l'Agriculture souhaite interdire l'élevage des poulets à croissance ultrarapide dans son pays, puis à…
Le ministre de l'Agriculture danois a indiqué mercredi vouloir introduire une interdiction de l'élevage du "poulet turbo", ces espèces sélectionnées génétiquement pour avoir une à croissance ultrarapide, à l'échelle nationale et, à terme, européenne. "Je souhaite œuvrer en faveur d'une interdiction nationale, mais c'est clair qu'il s'agit de quelque chose qui doit être examiné à la fois sur le plan juridique et, bien sûr, économique, avant que nous puissions passer à l'action", a dit à la télévision TV2 Christian Rabjerg Madsen. "Nous travaillons également en faveur d'une interdiction au niveau de l'UE", a-t-il ajouté.
Il n'existe actuellement pas d'interdiction légale au Danemark, mais en Norvège, la filière avicole, poussée par les distributeurs, s'est engagée à abandonner les races de "poulet turbo" d'ici fin 2027. "Leur croissance est quatre fois plus rapide qu’en 1950, ce qui engendre chez eux malformations des membres, maladies cardiaques et respiratoires, ou encore développements musculaires disproportionnés", détaille l'association de défense des animaux L214, qui milite contre cette souche de poulets. "Ils passent de 50 g à 3 kg, soit un poids multiplié par 60, en un mois et demi", peut-on lire sur son site.
"Nous avons des problèmes généraux en matière de bien-être animal" Mardi, la chaîne danoise TV2 avait diffusé des images filmées en caméra cachée chez l'un des plus grands producteurs de poulets du Danemark, montrant que les poules ne bénéficiaient que de trois heures d'obscurité par jour, alors que la réglementation exige au minimum six heures. Avec trois heures d'obscurité par jour, les oiseaux, stressés, mangent davantage et atteignent ainsi un poids d'abattage plus élevé. "Les images que nous voyons ne reflètent pas le niveau de bien-être animal que je souhaite voir", a souligné le ministre.
"Et lorsque nous constatons qu'une visite de contrôle sur trois aboutit à des sanctions, cela montre aussi que nous avons des problèmes généraux en matière de bien-être animal", a-t-il ajouté. Le bien-être animal a été l'un des principaux thèmes des élections législatives de mars au Danemark, pays connu pour sa production intensive de porc. En 2025, un rapport de l'Agence de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires avait estimé dans sa majorité "qu'il existe un gain en matière de bien-être animal à utiliser des poulets de chair à croissance plus lente".
La semaine dernière, le Danemark a également annoncé mettre fin à l'élevage de visons, ayant été pendant longtemps le premier exportateur mondial de peaux de vison destinées au marché du luxe. "Une activité économique ne doit pas se poursuivre uniquement parce qu'elle existe depuis longtemps. Elle doit aussi avoir du sens pour la société, pour l'économie et pour les animaux", avait alors souligné le ministre de l'Agriculture Christian Rabjerg Madsen.
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- BFM Business28 oct., 13:28
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